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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Vienne

Urbanisme et logement
18 mai 2016

Vienne (Chasseneuil-du-Poitou), le 18 mai 2016

Yves BOULOUX, Président de l’Association des maires de la Vienne, avait invité le 18 mai dernier à la Maison des Communes de Chasseneuil-du-Poitou, les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur les thématiques « Propreté et Espace Public » et « Urbanisme et Logement ».

Hervé GUILLAUME – délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine et Pascal HENAUXdirecteur région Centre-Ouest (Eco-Emballages), étaient également présents. Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 85 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

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Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Comment mieux intégrer le dispositif de tri dans l’aménagement du bourg et de l’habitat ?

Pour introduire cette journée d’échanges, Michel THOMAS, conseiller municipal à Chasseneuil-du-Poitou (4 600 habitants), accueille ses collègues élus. Yves BOULOUX, Président de l’Association des maires de la Vienne et maire de Montmorillon (6 197 habitants), remercie les participants pour leur mobilisation et souligne l’intérêt des sujets du jour : « Le sujet de la propreté urbaine est très important et nous concerne tous, petites et grandes communes ».

Pascal HENAUX, directeur de la région Centre-Ouest à Eco-Emballages, présente les chiffres clefs du tri et du recyclage du département et de la région : «  La région Poitou-Charentes est la 3ème région de France en termes de performance de tri. C’est très bien mais il reste encore 2 places devant vous, notamment celle de la Bretagne ».

 

 

Yves BOULOUX - Président de l’ADM 86
Michel THOMAS - CM à Chasseneuil-du-Poitou
Pascal HENAUX - Directeur région Centre-Ouest (EE)

Hervé GUILLAUME présente également les missions de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3 et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec les villes adhérentes : « Un outil de mesure de la non-propreté d’une ville a été réalisé. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers. Il faut travailler sur la propreté durable, en faisant évoluer les comportements des usagers en premier lieu ». Enfin, Hervé GUILLAUME présente le nouvel outil développé par l’Association : « A l’instar des villes et villages fleuris, vous pouvez désormais avoir accès au label de ville « éco-propre ». Nous avons remis les 1ères étoiles aux villes lauréates le mois dernier. C’est un bon moyen de communiquer auprès de votre population et dans la presse locale sur la démarche de propreté que votre commune entreprend ».  

 

 

Hervé GUILLAUME - Délégué général AVPU
Corinne BEAUVILAIN - CM à Croutelle
Patrice DREVET - Animateur des rencontres 36 000

Yves BOULOUX rebondit : « L’enjeu fondamental de la propreté urbaine est le vivre-ensemble, le rapport que nous avons entre voisins et avec la commune ». Bon nombre d’élus s’accordent sur le problème des dépôts sauvages que chacun rencontre dans la sa commune respective. A Croutelle (823 habitants), Corinne BEAUVILAIN, conseillère municipale, exprime les difficultés rencontrées avec les gérants d’enseignes de fast-food : « Nous leur avons demandé d’installer des poubelles supplémentaires. Mais nous devons malgré tout mobiliser nos employés municipaux tous les lundis matins pour aller nettoyer certains passages de la commune touchés par les emballages de McDonald’s, pour ne pas les citer ». Hervé GUILLAUME lui conseille de faire le calcul économique pour savoir combien coûte le ramassage et le nettoyage de ces déchets, pour ensuite se rapprocher de l’enseigne de fast-food : « D’autres communes l’ont fait et ont construit un vrai partenariat avec l’enseigne, n’hésitez pas à les mobiliser ». Autre problème de dépôts sauvages : ceux que l’on trouve au pied des conteneurs. « Dans ce cas-là, la solution n’est pas de supprimer le point d’apport volontaire » précise Pascal HENAUX. « S’il est sale, c’est qu’il est utilisé. De ce fait, il vous fait jouer sur l’un de ces deux leviers : soit augmenter la fréquence de collecte qui peut avoir été sous-estimée ; soit augmenter la contenance de vos bornes ». Il insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ».

Les problèmes de déjections canines sont également monnaie courante dans les communes des participants. Certaines municipalités françaises ont bien compris cet enjeu. En effet, Pascal HENAUX présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 68 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Hervé GUILLAUME complète : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ».

Pascal HENAUX poursuit : « Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette ». Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Quels acteurs et infrastructures à mobiliser ?

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. Dans la commune de Saint Benoît (7 096 habitants), Bernard CHAIGNEAU, conseiller municipal, explique que sa commune est fleur d’or depuis l’année dernière : « Cette démarche est rattachée à celle de la propreté urbaine et les administrés se sentent désormais davantage concernés par le maintien de la propreté de leurs rues ». 

 

 

Bernard CHAIGNEAU - CM à St Benoît
Josette COLAS - Maire de St Gaudent
Bernard DENIS - Adjoint à Brigueil-le-Chantre

Josette COLAS, maire de Saint Gaudent (301 habitants) aborde la question de la communication à adopter envers les administrés : « Comment leur donner le virus du tri ? Nous organisons régulièrement des visites de l’éco-pôle du SIMER mais que faire le reste de l’année ? ». Ces problématiques sont notamment présentes en habitat collectif : « Il persiste des disparités de tri très fortes : on trie mieux en milieu rural qu’en milieu urbain, mieux en pavillon individuel qu’en habitat collectif. Or, l’enjeu est de taille puisqu’un habitant sur trois réside en habitat collectif. Appuyez-vous sur vos relais : les gardiens d’immeuble, les membres de votre conseil municipal qui peuvent se porter garants de la propreté de leur quartier,… » explique Pascal HENAUX. « Eco-Emballages met gratuitement à votre disposition des outils clef-en-main, tels que le kit habitat collectif, ou encore le kit verre, pour vous aider dans vos démarches. Ils sont tous disponibles sur la plateforme www.trionsplus.fr  ». A Brigueil-le-Chantre (503 habitants), Bernard DENIS, adjoint, fait la visite de la déchèterie avec les scolaires et les habitants intéressés.

Pascal HENAUX souligne un aspect important de la valorisation des participants aux visites et aux bénévoles des nettoyage de printemps de la commune : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investis d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ».

 « Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Hervé GUILLAUME sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Comment sensibiliser les habitants des infrastructures mises en place ?

Des occasions peuvent se créer afin de sensibiliser directement les habitants aux éco-gestes et aux infrastructures mises à leur disposition dans la commune : accueil au domicile des nouveaux arrivants par un membre du conseil municipal, visite de la ville (à pied, en bus), vœux du maire, ouverture des compteurs d’eau en mairie,… Les Ambassadeurs du Tri peuvent également être de très bon relais de communication.

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Pascal HENAUX présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Pascal HENAUX

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Hervé GUILLAUME commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ». Les associations peuvent quant à elles s’avérer être un relais de sensibilisation très efficace.

 

 

Joël BRIZARD - Maire de Marigny-Brizay
Françoise MICAULT - Maire d’Iteuil

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. A Marigny-Brizay (1 281 habitants), Joël BRIZARD, maire, explique que les enfants ramassent les déchets laissés çà et là dans la commune en accord avec les enseignants. A Iteuil (2 853 habitants), Françoise MICAULT, maire, fait participer chaque été des jeunes de 12 à 18 ans à des chantiers de loisirs, qui leur permettent de remettre en ordre les installations dégradées au cours de l’année. De son côté, Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

 

Pour plus d’informations sur la rencontre et le programme de rencontres 36 000 pour le tri, rendez-vous sur www.36000pourletri.fr

Pour aller plus loin – les liens utiles :

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/3-questions-a-monsieur-pierre-paul-leonelli-maire-adjoint-de-la-ville-de-nice-vice-president-de.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg :  http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre

 

 

 

Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique urbanisme et logement.

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