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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Yonne

Propreté et espace public
12 mai 2016

Yonne (Joigny), le 12 mai 2016

Mahfoud AOMAR, Maire, Président de l’Association des maires de l’Yonne, et Nicolas SORET, Président du Syndicat des déchets Centre-Yonne, avaient invité le  12 mai dernier à la mairie de Joigny, les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Hervé GUILLAUME – délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine, Richard QUEMINdirecteur région centre-est (Eco-Emballages), Christophe NEUMANN – chef de projet 36 000 pour le tri, étaient également présents. Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 83 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

 

 

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Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette soirée d’échanges, Nicolas SORET, Président du Syndicat des Déchets Centre-Yonne, remercie les élus pour leur forte mobilisation : « La thématique de la propreté urbaine est également une thématique qui me tient à cœur ; en découle d’autres problématiques, comme celles du traitement des déchets. Nous avons décidé dans notre Syndicat de monter en 2011 un programme de prévention des déchets à l’échelle du Centre-Yonne. Un 2ième programme, plus récent, est venu compléter notre démarche. Ainsi, nous sommes labellisés « territoire 0 gaspillage 0 déchet » ». Il poursuit : « Notre ambition se décompose en 3 phases : la 1ère avec une convention que nous avons signée avec Emmaüs pour donner une seconde vie aux déchets encore en état de marche. La 2nde avec la promotion du compostage à domicile. La 3ième en modernisant le centre de tri de l’Yonne afin de faciliter le geste de tri de nos habitants et leur permettre de trier tous les emballages plastiques ». Mahfoud AOMAR, Président de l’Association des maires de l’Yonne, remercie également les élus d’être venus si nombreux : « La propreté urbaine et les déchets sont étroitement liés. Nous faisons face dans nos communes à de nombreuses incivilités et j’espère que cette soirée nous permettra d’en apprendre davantage sur les outils à disposition afin de sensibiliser la population à mieux respecter leur environnement ».

 

 

Nicolas SORET- Président de SDCY
Mahfoud AOMAR - Président de l’AMF 89
Richard QUEMIN - Directeur région Centre-Est (EE)

Richard QUEMIN, directeur de la région Centre-Est (Eco-Emballages), présente les chiffres clés du recyclage du département et de la région : « 32 millions d’euros de soutien ont été reversés par Eco-Emballages l’an passé aux collectivités de Franche-Comté et de Bourgogne. Rares sont les domaines en collectivité qui ont vu leurs recettes augmenter ». Il précise : « Les tonnes triées par vos habitants sont recyclées en France et en région. Le geste de tri crée de l’emploi local et favorise l’économie circulaire. 53% des Français trieraient davantage s’ils étaient sûrs que les emballages triés le sont bien en France. Appuyez-vous sur ce levier dans votre communication auprès de vos habitants ». 

 

 

Hervé GUILLAUME - Délégué général AVPU
Christophe NEUMANN - Chef de projet 36 000 pour le tri
Bernard MORAINE - Maire de Joigny

Hervé GUILLAUME présente également les missions de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3 et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec les villes adhérentes : « Un outil de mesure de la non-propreté d’une ville a été réalisé. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers. Il faut travailler sur la propreté durable, en faisant évoluer les comportements des usagers en premier lieu ». Enfin, Hervé GUILLAUME présente le nouvel outil développé par l’Association : « A l’instar des villes et villages fleuris, vous pouvez désormais avoir accès au label de ville « éco-propre ». Nous avons remis les 1ères étoiles aux villes lauréates le mois dernier. C’est un bon moyen de communiquer auprès de votre population et dans la presse locale sur la démarche de propreté que votre commune entreprend ».

Les problèmes de déjections canines sont partagés par bon nombre d’élus présents dans la salle ce soir. Certaines municipalités françaises ont bien compris cet enjeu. En effet, Christophe NEUMANN, chef de projet 36 000 pour le tri, présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 68 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Hervé GUILLAUME complète : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ».

Christophe NEUMANN poursuit : « Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette ». Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Lors du tour de table présidé par Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, la majorité des élus s’accorde sur les problèmes de dépôts sauvages que chacun rencontre dans sa commune. Bernard MORAINE, maire de Joigny (9 690 habitants), explique que la mairie a mis en place un arrêté municipal interdisant de jeter les mégots de cigarette par terre. « Par ailleurs, nous avions des problèmes de déchets provenant des fast-food alentours. Nous avons trouvé un accord ensemble et ils se sont ainsi engagés à sensibiliser leur clientèle et à ajouter des poubelles supplémentaires. La propreté urbaine a un coût non-négligeable : nous ramassons chaque année 25 tonnes de déchets qui ne sont pas déposées dans les poubelles de rue. Des progrès restent à faire ». Pour Jean-Louis LEPRUN, maire de Mercy (81 habitants), bien que les problèmes d’incivilité se rencontrent davantage en ville qu’à la campagne, les dépôts sauvages trouvés aux abords de sa commune sont méticuleusement analysés : « J’ouvre les sacs et regarde si je peux trouver une adresse ou un indice qui m’indiquerait l’auteur de ce délit ».

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. 

 

 

Jean-Louis LEPRUN - Maire de Mercy
Yannick VILLAIN - Maire de la Celle St Cyr
Gérard CHAT - Maire de Senan

Christophe NEUMANN souligne un aspect important de la valorisation des bénévoles (enfants et adultes) : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investis d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ». Il insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ». C’est dans cette optique que Yannick VILLAIN, maire de la Celle St Cyr (819 habitants) a rapproché les conteneurs à proximité des habitations. « J’ai effectivement constaté une nette recrudescence des dépôts sauvages autour des points d’apport volontaire ».

 « Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Hervé GUILLAUME sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Christophe NEUMANN présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Richard QUEMIN.

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Hervé GUILLAUME commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ».

Les associations peuvent s’avérer être un relais de sensibilisation très efficace. A Senan (784 habitants) Monsieur le Maire, Gérard CHAT, les prévient avant chaque manifestation sportive ou culturelle en leur demandant de maintenir la propreté de l’espace mis à leur disposition.

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. C’est pour cela qu’Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Pour plus d’informations sur la rencontre et le programme de rencontres 36 000 pour le tri, rendez-vous sur www.36000pourletri.fr

Pour aller plus loin – les liens utiles :

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/3-questions-a-monsieur-pierre-paul-leonelli-maire-adjoint-de-la-ville-de-nice-vice-president-de.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg :  http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre

 

 

 

Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique propreté et espace public.

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