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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre la Ferrière

Propreté et espace public
09 novembre 2015

Madame le maire Anne-Marie COULON, Présidente de l’Association des maires et des Présidents de Communautés de Vendée, et Monsieur Hervé ROBINEAU, maire de Mouchamps et Président de Trivalis, avaient invité le 09 novembre dernier à la mairie de La Ferrière les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Monsieur Hervé GUILLAUME – délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU), Monsieur Johann LECONTE – directeur des relations élus locaux et associations (Eco-Emballages) et Madame Sandrine FOUQUERON – responsable communication (Eco-Emballages) étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

La Ferrière, le 09 novembre 2015

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 70 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette soirée d’échanges, Madame Anne-Marie COULON, maire de Mouzeuil-Saint-Martin (1 202 habitants) et Présidente de l’Association des maires et des Présidents de Communautés de Vendée, remercie la forte mobilisation des élus et souligne la présence de Monsieur Hervé ROBINEAU, maire de Mouchamps (2 811 habitants) et Président de Trivalis : « Trivalis est notre partenaire dans l’étude et le traitement des déchets ménagers. Les déchets ont d’ailleurs un lien très étroit avec la propreté de nos communes, très importante au regard de nos administrés. Il me semble que le fleurissement, la préservation du patrimoine bâti et naturel, l’entretien de nos rues poussent les habitants à davantage respecter leur espace public. Par ailleurs, la propreté est d’autant plus importante dans notre département car l’économie vendéenne repose beaucoup sur notre attractivité touristique ». Monsieur Hervé ROBINEAU rebondit : « Notre Syndicat Départemental rassemble 22 collectivités adhérentes. Aujourd’hui, 50% du territoire vendéen est passé en redevance incitative. Je dois souligner l’efficacité de ce dispositif, qui fait véritablement prendre conscience à la population que nous ne pouvons pas indéfiniment augmenter la quantité de déchets ménagers destinés à l’incinération et à l’enfouissement ».

Madame Sandrine FOUQUERON, responsable communication pour la région Ouest d’Eco-Emballages, félicite quant à elle le département de la Vendée, champion du tri au niveau national : « Vous êtes le 1er département de France et la région du Pays de la Loire est 2nd au classement national ». Elle ajoute : « 90% des emballages collectés sont ainsi recyclés sur le territoire français. Il est important d’en parler, car le recyclage participe grandement au soutien de l’économie locale de nos régions, en finançant près de 30 000 emplois directs ».  

Madame Anne-Marie COULON
Présidente de l’ANMPCV
Monsieur Hervé ROBINEAU
Président de Trivalis
Madame Sandrine FOUQUERON
Responsable communication

Monsieur Hervé GUILLAUME, délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3, présente les missions de l’Association et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec ses adhérents : « Nous avons en effet construit un outil de mesure de la non-propreté d’une ville. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers ».

Monsieur Hervé GUILLAUME
Délégué général AVPU
Monsieur Jean-Marie CHABOT
Maire de Fougeré
Monsieur Johann LECONTE
Directeur élus locaux

Lors du tour de table présidé par Monsieur Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, la majorité des élus s’accorde sur l’importance d’harmoniser les consignes de tri sur tout le territoire français : « Nous sommes un département touristique. Les touristes sont quelque peu déboussolés lorsqu‘ils arrivent en vacances et qu’ils ne peuvent pas trier de la même manière que chez eux. Je pense que nous y gagnerons beaucoup en efficacité » explique Monsieur Jean-Marie CHABOT, maire de Fougeré (1 165 habitants). Monsieur Johann LECONTE, directeur des élus locaux et associations, répond : « L’harmonisation des consignes de tri est un vrai sujet, qui est actuellement en marche. Aujourd’hui, 80% de la population trie ses emballages dans un bac jaune. Par ailleurs, tous les territoires trient désormais les mêmes emballages, à l’exception de certains qui sont en expérimentation de l’extension des consignes des emballages en plastique ». Monsieur Hervé ROBINEAU renchérit : « Nous avions jusqu’alors 5 centres de tri sur le département, dont un privé. Demain, nous n’en aurons plus qu’un. Ce changement est dû à l’extension des consignes de tri : ainsi, nous pourrons recycler 30 000 tonnes d’emballages en plus. Ce nouveau centre de tri sera équipé de 5 chaînes de tri optiques, ultra-modernes. Par ailleurs, nous disposerons d’un circuit pédagogique qui pourra accueillir vos habitants, écoliers,…  et les membres de votre équipe municipale ! Le transport des écoliers et des centres de loisirs sera d’ailleurs intégralement pris en charge par Trivalis ».

Monsieur Jean-Pierre DENIAUD
Maire de Beaurepaire

Beaucoup d’élus présents ce soir partagent leur expérience avec la mise en place d’un Conseil Municipal des Enfants ou des Jeunes dans leur commune : « Notre Conseil Municipal des Enfants a conçu une affiche que nous avons installée à côté des corbeilles de rue et de nos points d’apport volontaire. Elle indiquait « je trie et je jette dans la poubelle » explique Monsieur Jean-Pierre DENIAUD, maire de Beaurepaire (2 248 habitants).

D’autres élus partagent eux leurs problèmes face aux déjections canines. Ces enjeux ont déjà été compris par certaines municipalités françaises. En effet, Madame Sandrine FOUQUERON présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 35 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Monsieur Hervé GUILLAUME complète : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ».

« Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette » explique Madame Sandrine FOUQUERON. Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. A Saint-Fulgent (3 682 habitants), Monsieur Yves ARRIVE, conseiller municipal, témoigne de la démarche originale entreprise par sa commune : « Nous organisons tous les ans la journée de l’arbre où nous fédérons les jeunes de l’école primaire et l’Association des retraités pour nettoyer la commune des déchets laissés çà et là par des personnes indélicates. De plus, nous avons récemment obtenu notre 1ère fleur au concours national des villes et villages fleuris. Cette labellisation incite grandement nos administrés à embellir leur balcon, leur jardin et à respecter l’environnement qui les entoure ». Des actions de nettoyage de printemps sont organisées dans d’autres communes, notamment grâce à l’action « la Vendée, je l’aime sans déchets » déployée par Trivalis : « Nous avons travaillé avec les Conseils Municipaux de Jeunes de 69 communes vendéennes : nous les équipons d’un kit comprenant un gilet, une paire de gants, des sacs poubelles, pour leur permettre d’organiser un nettoyage de printemps et ainsi trier les déchets récoltés. En 2016, nous équiperons également les centres de loisirs volontaires » précise Monsieur Hervé ROBINEAU.

Monsieur Yves ARRIVE
CM à St-Fulgent

Madame Anne-Marie COULON lance le débat sur la gestion des mauvaises herbes, ou herbes folles en fonction de la dénomination employée : « Nous avons un vrai problème à Mouizeuil-Saint-Martin : ce sont les herbes sur les trottoirs. Avec la démarche zéro phyto, nous ne pouvons plus les traiter de la même manière qu’auparavant. Nous avons essayé plusieurs méthodes pour en venir à bout : l’utilisation de la binette, la location d’une machine à eau chaude,… mais aucune de ces solutions ne nous a vraiment satisfait. Nous expérimentons actuellement en plantant des fleurs vivaces en pied de mur, qui améliorent nettement la perception de propreté. Mais avez-vous trouvé, chers collègues, une formule magique ? ». A Beaurepaire, Monsieur Jean-Pierre DENIAUD a demandé aux bénévoles du Club de l’Amitié de désherber le cimetière : « Nous avons également enherbé 1/3 de la surface du cimetière, permettant ainsi un entretien beaucoup plus aisé. Nous attendons la réaction de nos administrés pour étendre cette solution à l’ensemble du cimetière ». Il ajoute : « Nous ne parlons plus de mauvaises herbes mais d’herbes sauvages. Il y a un gros travail de communication à faire auprès de nos habitants sur la perception de ces herbes, qui peuvent pourtant être présentes sur nos trottoirs. En revanche, nous faisons désormais très attention dans les choix des matériaux des nouvelles constructions pour ne pas permettre la pousse de ce type d’herbes ». « Le bénévolat peut effectivement être un levier très efficace », admet Madame Anne-Marie COULON. « Nous avons fait de même dans ma commune, où le Conseil des Sages a réalisé un travail remarquable sur le rond-point à l’entrée du village. Ils ont planté, bâché et ont ainsi réalisé un travail d’entretien intéressant, d’un endroit laissé quelque peu à « l’abandon » dû à la difficulté d’entretien ».

Madame Sandrine FOUQUERON souligne un aspect important de la valorisation des bénévoles (enfants et adultes) : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investi d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ». Elle insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ». Propos que soutient Monsieur Hervé ROBINEAU, qui avait remarqué une augmentation des dépôts sauvages sur les points d’apport volontaire de son village lorsque ces derniers avaient été entourés de haies. « Nous nommons un habitant du quartier comme relais : ce bénévole se charge ainsi de surveiller d’un peu plus près la propreté autour du point d’apport volontaire dont il est en charge » précise-t-il.

« Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Monsieur Hervé GUILLAUME sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Madame Sandrine FOUQUERON présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Madame Sandrine FOUQUERON. Même cas de figure à l’Hermenault (861 habitants) où Marie-José BERGÉ, adjointe, explique qu’une convention est signée par le locataire de la salle des fêtes lors de l’état des lieux. Cette convention stipule notamment que le tri des déchets doit être effectué, sous peine de conserver la caution prélevée en amont de la manifestation.

La commune de St Gilles-Croix-de-Vie (7 409 habitants) à quant à elle décidé de toucher les vacanciers d’une manière assez originale, en leur distribuant des cendriers de poche : « Cette opération a été une réussite, mais de nombreuses personnes venaient récupérer ces cendriers de poche à l’Office du Tourisme car ils en faisaient la collection,… » témoigne Madame Nicole BOULINEAU, adjointe. « L’art de la communication réside dans la répétition. Vous devriez réitérer cette action si elle a été une réussite » conseille Monsieur Hervé GUILLAUME.

Madame Marie-Josée BERGÉ
CM à l’Hermenault
Madame Nicole BOULINEAU
Adjointe à St Gilles Croix de Vie

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Monsieur Hervé GUILLAUME commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ».

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. Aussi, Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Pour conclure cette soirée riche en échanges, Madame Anne-Marie COULON souligne l’utilité des initiatives partagées entre élus ce soir : « J’ai appris quelques petites choses très utiles, qui démontrent bien l’efficacité des actions menées en complémentarité. En conclusion, il me semble tout à fait essentiel d’échanger ensemble sur ces problématiques environnementales pour conserver la beauté et la qualité des paysages de notre département ».

Pour aller plus loin – les liens utiles 

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : http://www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/le-code-de-la-rue-nice-alpes-maritimes.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg : http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre