Ce site utilise des cookies pour son bon fonctionnement. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous en acceptez l'utilisation. Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs

Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Saint Germain-au-Mont-d’Or

Propreté et espace public
29 septembre 2015

Madame le maire Claire PEIGNÉ, Présidente de l’Association des maires du Rhône et de la Métropole de Lyon, a invité le 29 septembre dernier à la salle Georges Brassens de Saint Germain-au-Mont-d’Or, les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Monsieur Thierry PHILIP – Vice-Président du Grand Lyon et maire du 3ème arrondissement de Lyon, Monsieur Hervé GUILLAUME – délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU) et Monsieur Richard QUEMIN – directeur de la région Centre-Est chez Eco-Emballages, étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Saint Germain-au-Mont-d’Or, le 29 septembre 2015

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 62 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

Pour introduire cette demi-journée, Monsieur Renaud GEORGE, maire de Saint Germain-au-Mont-d’Or (2 843 habitants) accueille les élus, en soulignant l’importance du sujet du jour qui vient clôturer la « Faites de la propreté » organisée dans la commune le week-end dernier. Monsieur Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, insiste sur l’engagement des élus rhodaniens puisque c’est aujourd’hui la 4ème rencontre organisée dans le département.

Monsieur Richard QUEMIN, directeur de la région Centre-Est d’Eco-Emballages, présente les chiffres clefs du département et de la région en matière de performances de tri et de recyclage : « Nous trions aujourd’hui 38.3kg d’emballages par habitant et par an. C’est bien, mais nous sommes quelque peu en dessous des moyennes nationales. Nous avons des progrès à faire, en particulier sur les emballages en verre, encore trop nombreux dans notre poubelle d’ordures ménagères ». Monsieur René MARTINEZ, Président du SITOM Sud-Rhône, complète : « Grâce au diagnostic de nos ordures ménagères, nous pouvons aujourd’hui dire que 50% d’entre eux sont recyclables. Nous évacuons 45 000 tonnes de déchets par an, dont 15 000 sont incinérées. Notre facture annuelle d’incinération s’élève à 1 600 000 euros. De ce fait, nous brûlons 800 000 euros de déchets, qui seraient pourtant valorisables. C’est un manque à gagner conséquent car nous ne pouvons pas non plus compter sur les recettes supplémentaires qu’engendrait la vente de ces matériaux recyclés ».

Monsieur Renaud GEORGE
Maire de St Germain-au-Mt-d’Or
Monsieur Richard QUEMIN
Directeur région centre-est
Monsieur René MARTINEZ
Président du SITOM

Enfin, Monsieur Richard QUEMIN conclut son introduction : « L’industrie du recyclage favorise l’emploi local, car ce sont bien des hommes et des femmes qui travaillent dans les 18 centres de tri que compte la région Rhône-Alpes ».

Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Monsieur Hervé GUILLAUME
Délégué général AVPU

Monsieur Hervé GUILLAUME, délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3, présente les missions de l’Association et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçu avec ses adhérents :

« Nous souhaitions concevoir un outil permettant d’analyser le niveau de salissure des villes, petites et grandes. Aussi, nous avons mis au point une méthodologie simple de comptage des déchets au sol. Une commune peut ainsi comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine.

« L’objectif est de réduire le nettoiement, car nettoyer toujours plus coûte de plus en plus cher et cela déresponsabilise les usagers. Je suis très content d’apprendre que 433 ambassadeurs du tri sillonnent les communes du Rhône : pourquoi ne pas inventer un nouveau métier, celui d’ambassadeur de la propreté, qui irait au contact des habitants pour leur réexpliquer les règles du bien-vivre ensemble ? ».

Lors du tour de table présidé par Monsieur Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, Madame Chantal DORVEAUX, adjointe à Marcy l’Etoile (3 503 habitants), témoigne comme d’autres élus de sa difficulté face à l’incivilité des propriétaires de chien. Pour Monsieur Alain BAVOZET, adjoint à Sainte-Foy-lès-Lyon (21 707 habitants), « la problématique des déjections canines se pose également dans nos espaces verts, notamment nos 5 parcs communaux utilisés quotidiennement par les habitants pour promener leur chien. Nous avons fait le choix de ne pas mettre à disposition des sacs à déjection canine ». Monsieur Hervé GUILLAUME rebondit : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ». Pour Monsieur Thierry PHILIP, maire du 3ème arrondissement de Lyon et Vice-Président du Grand Lyon, « il n’est pas de la responsabilité de la collectivité de payer pour la distribution de sacs canins, mais de celle des propriétaires de chien ».

Madame Chantal DORVEAUX
Adjointe à Marcy l’Etoile
Monsieur Alain BAVOZET
Adjoint à Ste-Foy-lès-Lyon
Monsieur Thierry PHILIP
Maire et VP du Grand Lyon
Madame Catherine RODDE
Adjointe à St Cyr-sur-le-Rhône
Monsieur Guy PERRUSSET
Adjoint à St Symphorien d’Ozon

Ces enjeux ont déjà été compris par certaines municipalités françaises. En effet, Monsieur Richard QUEMIN présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 35 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée.

Par ailleurs, de nombreuses incivilités sont remarquées aux abords des espaces fréquentés par les jeunes adolescents des communes. Madame Catherine RODDE, adjointe à Saint Cyr-sur-le-Rhône (1 244 habitants), explique : « Les jeunes qui viennent jouer au basket se retrouvent sur le terrain mis à la disposition par la commune et prennent un malin plaisir à renverser les poubelles et à laisser leurs déchets par terre ». Problème que partage Monsieur Guy PERRUSSET, adjoint à Saint Symphorien d’Ozon (5 443 habitants) : « Nous retrouvons tous les déchets que les jeunes laissent derrière eux, en particulier après leurs soirées du week-end. Nous organisons des opérations de nettoyage, mais cela coûte cher. Il me semble que nous devrions davantage insister, notamment auprès des adultes, sur le fait que ce sont leurs impôts qui financent le ramassage de leurs déchets sauvages et de leurs actes d’incivilité ».

« Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette » explique Monsieur Richard QUEMIN. Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

« L’un de nos problèmes majeurs de propreté sont les mégots. Nous l’avons constaté dans le baromètre de propreté que nous avons récemment mené. C’est le déchet qui a le plus grimpé dans les désagréments constatés par les habitants », souligne Monsieur Thierry PHILIP. « Aujourd’hui, la majorité des fumeurs ne considère pas leur mégot de cigarette comme un objet polluant. Je vous conseille de vous appuyer à nouveau sur vos alliés pour faire passer vos messages : commerces, équipements culturels et sportifs… Vous pouvez, par exemple, spécifier dans la convention de l’espace public que vous signez avec vos cafés-restaurants qu’il faut que ces derniers mettent en place des cendriers de table et qu’ils balayent régulièrement devant leur commerce. Si cette obligation n’est pas respectée, cela pourra être considéré comme une rupture d’occupation de l’espace public. La posture de la collectivité locale doit être ferme sur ce sujet » insiste Monsieur Hervé GUILLAUME.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Madame Magali BERLIOZ
Adjointe à St Laurent-de-Mure
Monsieur Jean-Michel CARON
Adjoint à St Germain-au-Mt-d’Or
Madame Catherine REBAUD
Adjointe à Gleizé

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. A Saint Laurent-de-Mure (5 326 habitants), Madame Magali BERLIOZ, adjointe, organise une fois par an un nettoyage de la commune par les enfants, qui se clôt autour d’un gouter. A Saint Germain-au-Mont-d’Or, Monsieur Jean-Michel CARON, adjoint, détaille l’organisation de la « Faites de la propreté » du week-end dernier : « Nous avons mis en place une campagne de communication assez importante auprès de notre population : un stand a été installé à cet effet lors du forum des associations, nous nous sommes appuyés sur le bulletin municipal et les panneaux lumineux de la commune, et l’information a été passée via le carnet de liaison des enfants ».

« La Métropole a engagé une réflexion sur la façon de déconcentrer la propreté pour que les maires puissent avoir la possibilité de s’organiser en fonction de leurs propres problèmes. Cette année, 37 des 59 communes de la Métropole ont organisé une Faites de la propreté, contre 26 en 2014. Nous avons encore du travail, mais il me semble cependant essentiel de laisser la liberté à chaque commune d’organiser ces événements en fonction de leur agenda » intervient Monsieur Thierry PHILIP.

Pour Madame Catherine REBAUD, adjointe à Gleizé (7 605 habitants), il est important de se raccrocher à des événements départementaux, régionaux et nationaux pour donner de la force aux actions déployées au sein des communes.

« La Métropole a un rôle essentiel à jouer et a, il me semble, vocation à nous rassembler sur ces questions afin de nous aider à coordonner nos actions » insiste Monsieur Renaud GEORGE.

Parmi les autres problématiques partagées aujourd’hui se trouve celle des résidences secondaires : « Nous en avons beaucoup dans notre commune. Nous avions l’habitude de retrouver bon nombre de dépôts de sacs d’ordures ménagères le samedi soir. Nous avons réglé le problème en installant des points d’apport volontaire, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 » se félicite Monsieur Bernard ROSSIER, maire de Lamure sur Azergues (1 035 habitants).

 « Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Monsieur Hervé GUILLAUME sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer qui ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Monsieur Bernard ROSSIER
Maire de Lamure sur Azergues
Monsieur Jean-Charles JOUBERT
Adjoint à Fontaines St Martin

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Monsieur Richard QUEMIN présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ». « C’est une idée intéressante que je vais présenter en conseil municipal, car nous avons beaucoup de problèmes de tags sur les murs blancs de l’entrée du village » indique Monsieur Jean-Charles JOUBERT, adjoint à Fontaines Saint Martin (3 060 habitants).

Monsieur Nicolas CHASSING, conseiller municipal à Fleurieu-sur-Saône (1 381 habitants) sollicite les élus et experts présents sur l’existence de supports, qui permettraient de réduire et de mieux gérer la quantité de déchets réalisés lors de l’organisation de manifestations sportives et culturelles. « Le SITOM Sud-Rhône est à votre disposition si vous souhaitez installer des conteneurs supplémentaires pour cet événement ou si vous souhaitez sensibiliser votre personnel communal au tri des déchets » propose Monsieur René MARTINEZ.

« Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » complète Monsieur Richard QUEMIN.

Ainsi, les associations sont de véritables leviers dans la sensibilisation au tri des déchets (nettoyage du stade communal après une manifestation, forum des associations…). Les témoignages de Madame Christine CALLAMARD, adjointe à Genas (12 355 habitants) et Madame Marianne PLOCKLYN, adjointe à Charbonnières-les-Bains (4 851 habitants) en attestent.

Monsieur Nicolas CHASSING
Conseiller à Fleurieu-sur-Saône
Madame Christine CALLAMRD
Adjointe à Genas
Madame Marianne PLOCKLYN
Adjointe à Charbonnières-les-Bains

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Monsieur Hervé GUILLAUME commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ».

Monsieur Jean-Louis GERGAUD
Maire de Montagny

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. Aussi, Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Pour conclure cette matinée riche en échanges, Monsieur Jean-Louis GERGAUD, maire de Montagny (2 604 habitants) souligne le rôle essentiel de l’organisation des réunions 36 000 pour le tri, qui permettent aux élus de se rencontrer, d’échanger ensemble et surtout de remarquer qu’elles ne sont pas les seules à rencontrer les problématiques présentées aujourd’hui.

Pour aller plus loin – les liens utiles

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : http://www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/le-code-de-la-rue-nice-alpes-maritimes.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg :  http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre