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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Pointe-À-Pitre Guadeloupe

Propreté et espace public
11 juillet 2013

C’est grâce à l’invitation de René Noël, ancien maire de la Désirade et ancien président de l’association des maires de Guadeloupe, que des maires et élus de l’île ont pu se réunir le jeudi 11 juillet 2013 à Pointe-à-Pitre, pour échanger sur le tri et les déchets, et plus particulièrement sur la thématique « propreté et espace public ». Michel Voisin, ancien maire de Replonges, ancien président de l’association des maires de l’Ain était aussi présent. Monsieur Johann Leconte, directeur des relations avec les élus et les associations chez Eco Emballages, animait le débat.

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Pointe-À-Pitre, le 11 juillet 2013

A l’occasion du développement de la collecte sélective des emballages ménagers, le maire est naturellement devenu la figure référente dans le domaine du tri et du développement durable pour ses habitants. 58% des habitants interrogés répondent en effet qu’ils font confiance à leur maire pour les questions de tri et de recyclage, même lorsque le maire a délégué sa compétence à l’intercommunalité. Partager les bonnes pratiques, échanger, débattre entre maires sur les enjeux du développement durable, du tri et du recyclage, tels sont les objectifs des rencontres organisées par l'AMF (Association des maires de France), les 101 associations départementales de maires, Mairie 2000 et Eco-Emballages. Ce programme, 36 000 pour le tri, c'est donc un « tour de France », avec des rencontres organisées dans chaque département, ce sont 36 000 maires qui pourront s'exprimer avec leurs pairs et insuffler une dynamique citoyenne autour de six thématiques environnementales : urbanisme et logement, vie locale et tourisme, sport et culture, nouveaux arrivants, école et famille, propreté et espace public.

 

Le mot de René Noël, ancien maire de la Désirade et président de l’Association des Maires de Guadeloupe

« Nous pensons souvent que seul l’argent peut changer les choses. Pourtant, c’est avant tout dans l’échange et la communication pour impliquer les habitants que nous y arrivons. Faire connaître à la population le poids du nettoyage et ses conséquences financières, c’est responsabiliser les habitants de nos communes, leur faire comprendre que c’est grâce à eux que nous pourrons maîtriser au mieux l’environnement mais aussi les coûts du traitement des déchets. Il faut absolument faire glisser un certain nombre de responsabilités vers nos citoyens. Pour cela, il faut que nous, élus, soyons courageux, afin de réprimer si nécessaire mais encourager et expliquer toujours. Parce que nous sommes tous différents, il faudrait peut-être établir au sein de l’Association des Maires de France une charte du bon comportement afin que tous les maires de France prennent les mêmes et bonnes résolutions ensemble. Je suis persuadé que les résultats seraient alors importants. Aujourd’hui cette charte n’existe pas encore, nous nous devons de l’imaginer, pour procéder à l’éducation de nos populations. Il faut en permanence se donner la possibilité d’imaginer, mener une réflexion en profondeur, mais surtout ne jamais croire que seule la municipalité a raison. Elle n’a raison que si la population participe au moins partiellement à l’élaboration du projet ».

 

Trier pour recycler

On le sait, le tri est le geste pour l’environnement préféré des français. Simple et facile, il est pratiqué quotidiennement. Aujourd’hui en France métropolitaine, grâce entre autres à ce geste, ce sont plus de trois millions de tonnes d’emballage triées, soit 67% des emballages qui sont recyclés. En Guadeloupe, la collecte sélective demande encore à être généralisée sur tout le territoire ; les 7kg par habitant et par an qui y sont aujourd’hui triés (contre 42 kg/hab./an en France métropolitaine), pourront alors prendre leur essor. On le sait aussi, là où il a été installé sur l’île, le processus de tri fonctionne déjà bien, et bientôt, il fonctionnera partout en Guadeloupe. Dès lors que le dispositif sera mis en place, les guadeloupéens l’utiliseront naturellement. « Nous avons été la première commune à mettre en place le tri sélectif », intervient Maurice Larquin, conseiller municipal de la commune des Abymes, et de reprendre, « nous disposons de quatre points d’apport volontaire installés sur une plateforme et pour lesquels nos ambassadeurs du tri ont été chargés de faire du porte à porte pour montrer et expliquer comment trier le verre, le pastique… cela fonctionne déjà bien ! ». « De notre côté », ajoute Charles Rella, ancien adjoint à Capesterre-Belle-Eau, élu délégué à l’urbanise et l’environnement, « nous souhaitons multiplier le nombre de points d’apport volontaire, en espérant que ce sera aussi une des solutions pour parer au dépôt sauvage ». Une décision qui a, ailleurs, déjà fait ses preuves, comme à Trois-Rivières. Maïté Pioche, directrice de cabinet explique : « Malgré nos fortes contraintes budgétaires, nous avons d’abord mis en place cinq points d’apport volontaire ; la surprise fut telle qu’Eco Emballages nous a même aidé à poursuivre notre développement. Aujourd’hui, nous avons cinq points d’apport volontaire de deux conteneurs. Pour bien couvrir notre territoire, nous avons besoin de vingt points d’apport volontaire. Cette première expérience nous a permis d’observer des croissances exponentielles de tri, puisque de septembre 2011 à décembre 2011 nous avons trié 2,1 tonnes de verre et 5.4 tonnes de papier et plastique. En 2012, nous avons obtenu respectivement 35 tonnes et 24 tonnes. Aujourd’hui entre janvier et mai, nous sommes déjà à 25 tonnes de verre et 13 tonnes de papier et plastique », précise la directrice de cabinet. Des chiffres très encourageants qui prouvent, s’il en est encore besoin, combien la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des habitants fait avancer les choses.

 

 

La communication, un atout incontournable

Mais les outils de tri ne peuvent fonctionner seuls, s’ils ne sont accompagnés de solides plans de sensibilisation. Pour chaque commune, les démarches varient, de l’explication à la démonstration en passant par la collaboration avec les milieux associatifs. Les élus déploient un véritable panel d’actions pour maintenir les espaces publics de leur ville propres et poursuivre le développement des bons gestes et attitudes. « La communication, c’est le plus important » approuve Maurice Larquin, de la mairie des Abymes et d’ajouter, « pour accompagner notre volonté écologique, nous avons organisé des forums, nous avons distribué des prospectus dans les commerces mais aussi y avons fait des démonstrations. Nous nous sommes rapprochés de toutes les associations de notre commune pour qu’elles diffusent nos messages auprès de leurs membres ; nous ouvrons aussi les portes de la déchetterie pour montrer le processus de traitement et marquer les consciences ». « Pour moi, c’est vraiment l’aspect humain de la communication qui est le facteur le plus déterminant », reprend Ghislaine Opet, adjointe à la mairie de Deshaies, « nous avons créé en 2004 « Deshaies Accueil » pour expliquer notre projet écologique aux administrés ; notre association s’occupe aussi de l’opération  « Pâques à la plage » pour inciter les gens à respecter nos plages. Nous sommes également présents sur  les marchés… Dans toutes nos actions, nous voyons bien que c’est lorsque nous intervenons physiquement pour expliquer aux gens que nous avons le plus de résultats ». « Notre maire est présent sur toutes les opérations et l’on peut voir combien l’exemplarité de sa présence et de son investissement est un symbole fort pour les administrés », confirme Ninette Caffa, conseillère municipale, responsable de l’environnement à Bouillante. Pour Maïté Pioche, de Trois-Rivières, « arrêter de communiquer, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives et pour les freiner, nous travaillons de concert avec les associations, comme Artiflore par exemple. De plus, il me semble nécessaire de se rapprocher spontanément de tout ce qui peut produire du déchet voire des dépôts sauvages, comme les grands magasins ; il faut expliquer l’intérêt de l’eco-taxe pour anticiper avant qu’il n’arrive, le traitement du déchet ». « Nous nous sommes approchés des habitants avant même que nous n’ayons nos points d’apport volontaire ; maintenant qu’ils sont là, nous poursuivons nos actions, pour maintenir l’attention et les bons gestes », souligne Rose-Aimé Sarabusancienne adjointe à la mairie de Gosier.

 

La force des écoles

Comme dans la plupart des communes de France métropolitaine, les élus de l’île de Guadeloupe soutiennent fortement les actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement entreprises dans leurs écoles. Si les plus jeunes sont souvent très réceptifs aux gestes écologiques, ils en sont aussi les meilleurs prescripteurs, rappelant autour d’eux les comportements à adopter, promettant aux communes de France un futur écologique mieux maîtrisé. Pour Maurice Larquin, des Abymes, ce sont les plus jeunes générations qui sont les plus ouvertes aux discours environnementaux : « Dans les écoles, nous travaillons avec les plus petits qui sont à nos yeux les plus réceptifs ; avec eux, nous oeuvrons sur le nettoyage d’un site touristique des Abymes. Nous avons aussi mis en place un système de concours dans les écoles. Les gagnantes sont récompensées avec des petits points d’apport volontaire que nous faisons construire spécialement pour elles. Lorsque l’on enseigne les bonnes pratiques aux plus petits, on sait alors qu’ils vont répéter naturellement le geste et le transmettre à leurs aînés ». A Deshaies, les élèves sont eux sensibilisés à la nature : « Nos élèves s’occupent des plantes ; lors de la semaine du développement durable, nous intervenons dans les écoles pour apprendre les bons gestes et initier les élèves au compostage », tandis qu’ailleurs, « à Capesterre-Belle-Eau nous sommes intervenus au niveau du Lycée où nous avons des opérations de tri dans l’enceinte de l’établissement », commente Charles Rella, adjoint au maire de Capesterre-Belle-Eau. Si les jeunes enfants du centre aéré de Gosier sont eux initiés au recyclage, participant ainsi à petite échelle à l’économie circulaire de l’île, ceux de Bouillante visitent les centres de tri : « Ils visitent tous en effet le centre de valorisation d’Ecodec et l’association de tri et valorisation des déchets Trivaldec durant la semaine de la biodiversité », et Ninette Caffa, conseillère municipale, responsable de l’environnement à Bouillante, d’ajouter « les enfants sont à la base du bon comportement et du futur de la Guadeloupe, nous ne pouvons manquer ce rendez-vous. »

Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique propreté et espace public.

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