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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Halluin

Propreté et espace public
27 novembre 2015

Monsieur Patrick MASCLET, Sénateur-maire, Président de l’Association des maires du Nord, a invité le 27 novembre dernier au centre de recyclage Galloo Plastics les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Monsieur Hervé GUILLAUME – délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU), Monsieur Christophe NEUMANN – chef de projet 36 000 pour le tri (Eco-Emballages) et Monsieur Rémi LEONARD – responsable des opérations (Eco-Emballages) étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Halluin, le 27 novembre 2015

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 78 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette matinée d’échanges, Monsieur Gustave DASSONVILLE, maire d’Halluin (20 770 habitants) remercie la forte mobilisation des élus et souligne l’importance du sujet du jour : « La propreté est une problématique qui nous concerne tous et nos habitants nous interpellent régulièrement sur le sujet. Cette réunion est d’autant plus importante qu’elle s’insère parfaitement dans l’actualité de la COP 21, qui débutera dimanche prochain ». Monsieur Olivier FRANCOIS, directeur du développement chez Galloo France, présente en quelques mots l’entreprise qui accueille 36 000 pour le tri aujourd’hui : « Galloo est une entreprise familiale spécialisée à l’origine dans le recyclage des métaux. Nous avons ensuite élargi les déchets que nous traitions aux plastiques présents dans les déchets de l’automobile et de l’électroménager. L’économie circulaire est une thématique qui revient régulièrement dans les débats nationaux. Le recyclage s’inscrit parfaitement dans cette dynamique et il en va donc de même pour notre cœur de métier, qui est le recyclage des déchets industriels ».

Monsieur Rémi LEONARD, responsable des opérations pour la région Nord d’Eco-Emballages, souligne l’engagement de longue date du Nord-Pas-de-Calais dans la mise en en place et le déploiement du tri en France : « Dunkerque fut la première ville à mettre en place le tri sélectif en 1989. Les performances du Nord, pour le verre et les emballages légers, sont largement supérieures aux moyennes nationales. En revanche, les équipements (notamment des centres de tri) sont aujourd’hui obsolètes, car anciens. Par ailleurs, le département est un territoire atypique puisque la collecte du verre se fait encore majoritairement en porte-à-porte et en mélange.  Cela induit d’une part une perte de matière dans le process de recyclage et d’autre part, des coûts de collecte trois fois supérieures à ceux observés dans la collecte en apport volontaire. Ainsi, les équipes Eco-Emballages sont présentes au quotidien, sur le terrain, pour faire évoluer le dispositif ». 

Monsieur Gustave DASSONVILLE
Maire d’Halluin
Monsieur Olivier FRANCOIS
Directeur développement Galloo
Monsieur Rémi LEONARD
Responsable des opérations

Monsieur Hervé GUILLAUME, délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3, présente les missions de l’Association et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec ses adhérents : « Nous avons en effet construit un outil de mesure de la non-propreté d’une ville. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers. Il faut travailler sur la propreté durable, en faisant évoluer les comportements des usagers en premier lieu ». ».

Monsieur Hervé GUILLAUME
Délégué général AVPU
Monsieur Patrice DREVET
Animateur
Madame Laure LEFEUVRE
Adjointe à Cysoing

Lors du tour de table présidé par Monsieur Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, la majorité des élus s’accorde sur l’importance d’associer les jeunes de la commune aux actions de sensibilisation à l’environnement, notamment via le Conseil Municipal des Enfants/des Jeunes : « Nous avions des problèmes de déjections canines. Aussi, nous avons travaillé avec notre Conseil Municipal des Enfants qui a réalisé des affiches humoristiques afin d’attirer l’attention des propriétaires de chien. Ces dernières indiquaient « ramasser, c’est pas sorcier » et ont été mises en place dans les endroits les plus « touchés » par ces gestes d’incivilité » explique Madame Laure LEFEUVRE, adjointe à Cysoing (4 757 habitants). Dans la commune de Gorgue (5 923 habitants), Monsieur Edmond TURPIN, conseiller municipal, partage avec les élus l’action déployé par sa commune : « Je suis depuis peu assermenté et suis désormais dans la mesure de verbaliser les personnes prises en flagrant délit d’incivilité. Certes, le but n’est pas d’aller jusque-là mais nous devons nous montrer fermes et ne pas dissocier la prévention de la verbalisation. Laisser des déjections canines sur la voie publique est un délit inscrit dans le code pénal. Je vais donc à la rencontre des propriétaires de chien et suis d’ailleurs accompagné de mon propre toutou » ajoute-t-il. 

Monsieur Edmond TURPIN
CM à Gorgue
Monsieur Christophe NEUMANN
Chef de projet 36 000 pour le tri

Ces enjeux de déjections canines ont déjà été compris par certaines municipalités françaises. En effet, Monsieur Christophe NEUMANN, chef de projet 36 000 pour le tri, présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 35 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Monsieur Hervé GUILLAUME complète : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ».

« Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette » poursuit Monsieur Christophe NEUMANN. Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. C’est le cas notamment dans la commune de Boussières-sur-Sambre, désormais 4 fleurs au concours national des villes et villages fleuris. A Chereng (2 989 habitants), Monsieur Denis FROISSANT, conseiller municipal, témoigne de la démarche originale entreprise par sa commune pour motiver les habitants à maintenir la propreté des rues : « Nous travaillons avec un cheval territorial. Ainsi, la ramassage des encombrants est effectué une fois par semaine par ce cheval, ce qui évite bon nombre de déchets sauvages et d’encombrants laissés aux quatre coins de la commune ». Monsieur Hervé GUILLAUME approuve totalement cette initiative : « Vous valorisez d’une part le travail de vos agents. D’autre part, travailler avec un cheval est très efficace en termes d’images et de communication : les habitants se rappellent qu’il passe toutes les semaines, la règle est donc plus facilement intégrée que si des camions bennes effectuaient le ramassage ».

Monsieur Denis FROISSANT
CM à Chereng
Monsieur Franc DE-NEVE
Adjoint à St Armand-les-Eaux

Monsieur Franc DE-NEVE, adjoint à Saint Armand-les-Eaux (16 836 habitants) insiste lui sur le lien étroit entre la communication faite aux administrés et les aspects techniques : « Je suis tout à fait en accord avec les choses dites précédemment : la communication, la prévention et la verbalisation doivent se faire simultanément. J’en profite également pour rebondir sur une problématique qui nous concerne tous, élus : nous avons tous la volonté de bien faire. Nous voulons tous maintenir la propreté de nos espaces. Certains élus peuvent penser à enlever des corbeilles de rues ou des points d’apport volontaire qui ne cessent de déborder. Attention à ne pas faire de raccourci : une poubelle qui déborde est une poubelle qui se remplit. Il est pour moi essentiel de bien collaborer avec les services techniques pour pallier à ces problèmes, en augmentant la fréquence de ramassage ou en implantant des points supplémentaires, par exemple ».

Par ailleurs, Hermaville organise tous les ans un nettoyage de la commune auquel s’associent petits et grands. Les déchets récoltés en fin de journée sont ainsi triés et acheminés dans les filières de recyclage correspondantes. Monsieur Christophe NEUMANN souligne un aspect important de la valorisation des bénévoles (enfants et adultes) : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investi d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ». Elle insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ».

 « Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Monsieur Hervé GUILLAUME sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Monsieur Christophe NEUMANN présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Monsieur Christophe NEUMANN.

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Monsieur Hervé GUILLAUME commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ».

Monsieur Aurélien VINCENT
CM à Pont-sur-Sambre

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. Monsieur Aurélien VINCENT, conseiller municipal à Pont-sur-Sambre (2 519 habitants), présente le projet entrepris par la commune pour associer les enfants à la baisse des tonnages des déchets verts présents dans les poubelles d’ordures ménagères : 

Nous avions des problèmes de ramassage en porte-à-porte des déchets verts et avons dû trouver d’autres pistes. C’est pourquoi nous avons installé des composteurs : d’abord au cimetière puis au niveau des habitations individuelles et de l’école. Ainsi, nous avons réussi à réduire le poids des ordures ménagères de près de 30%. Par ailleurs, nous profitions des temps des Nouvelles Activités Périscolaires (NAP) pour sensibiliser les enfants à l’utilisation du compost dans le jardin pédagogique. C’est à mon sens une problématique avec beaucoup d’avenir ». De plus, Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Monsieur Franc DE-NEUVE souligne pour sa part l’utilité des initiatives partagées entre élus ce soir : « Je vous remercie car nous sommes tous élus ici présents et nous sommes sensibilisés à bon nombre de sujets. Cependant, ce sont très souvent des techniciens que nous avons en face de nous, qui utilisent un vocabulaire qui ne nous est pas familier, avec des chiffres un peu compliqués. Aujourd’hui, cette réunion a été simple. Je repars avec beaucoup d’idées, de projets, de discussions à avoir avec le maire et les techniciens de ma commune. C’est la première fois que je rassemble autant d’idées concrètes, de coordonnées mails de personnes à contacter ».

Pour conclure cette matinée riche en échanges, les participants ont visité les installations du site de Galloo Plastics. Ainsi, ils sont désormais familiers des processus innovants développés par Galloo pour réceptionner, séparer et recycler les concentrés de matières plastiques issus de résidus de broyage de l’industrie.

Pour aller plus loin – les liens utiles

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : http://www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/le-code-de-la-rue-nice-alpes-maritimes.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg :  http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre