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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Saint Romain-le-Puy

Propreté et espace public
02 décembre 2015

Monsieur Jean-François BARNIER, maire, Président de la Fédération des maires de la Loire,  a invité le 02 décembre dernier à la verrerie de Saint Romain-le-Puy les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Monsieur Christophe NEUMANN – chef de projet 36 000 pour le tri (Eco-Emballages) et Madame Laurence CINIER – responsable des opérations (Eco-Emballages) étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Saint Romain-le-Puy, le 2 décembre 2015

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 79 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette soirée d’échanges, Monsieur Jean-François BARNIER, Président de la Fédération des maires de la Loire, souligne l’intérêt que portent l’Association et l’ensemble des maires du territoire sur la thématique du jour : « Nous sommes très sensibilisés aux problématiques liées aux déchets. Il subsiste cependant une incompréhension auprès de nos habitants, qui ne comprennent pas toujours à quoi sert véritablement le tri ». Madame Laurence CINIER, responsable des opérations pour la région Centre-Est d’Eco-Emballages, présente les performances de tri pour la région et le département : « Il persiste sur le territoire de gros enjeux en termes de recyclage du verre. Vous avez la chance d’avoir dans la Loire 2 verreries, où il est possible, comme vous l’avez fait aujourd’hui, de visiter les équipements pour mieux comprendre le devenir du tri. De plus, il me semble pertinent de réaliser des diagnostics sur vos parcs de conteneurs existants : ai-je un nombre suffisant de conteneurs ? Sont-ils placés à l’endroit le plus approprié ? Disposent-ils d’une signalétique lisible et à jour ? Sont-ils en bon état ? Nos équipes sont à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche ».

Monsieur Christophe NEUMANN, chef de projet de 36 000 pour le tri, présente les missions de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3 et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec ses adhérents : « Nous avons en effet construit un outil de mesure de la non-propreté d’une ville. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers. Il faut travailler sur la propreté durable, en faisant évoluer les comportements des usagers en premier lieu ». ».

Monsieur Jean-François BARNIER
Président de la Fédération des maires 42
Madame Laurence CINIER
Responsable des opérations
Monsieur Christophe NEUMANN
Chef de projet 36 000 pour le tri

Lors du tour de table présidé par Monsieur Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, certains élus  lancent le débat d’un retour éventuel à la consigne des bouteilles en verre. Monsieur Christophe NEUMANN répond : « Le retour à la consigne sur le territoire français ne serait pas économique et ce pour plusieurs raisons : la première est que la bouteille en verre est devenue un objet marketing. Il existe aujourd’hui de nombreuses variantes au niveau de la forme, la couleur,… alors que seulement 3 ou 4 modèles existaient auparavant. La seconde est que la consommation des produits doit se faire en circuit court : il n’est pas intéressant de transporter des bouteilles au-delà de 200 kms, ce qui deviendrait compliqué à mettre en place sur le territoire national. La dernière raison est que les industriels ont concentré leurs efforts dans l’éco-conception : les bouteilles en verre sont beaucoup plus légères qu’à l’époque mais le consommateur ne le remarque pas forcément lors de ses achats. Par exemple, Heineken a économisé 10 000 tonnes de verre l’année passée, en baissant légèrement le poids de ses bouteilles. Ainsi, les bouteilles éco-conçues ne pourraient pas supporter le transport et un reconditionnement ».

La problématique des déjections canines revient régulièrement dans le débat de ce soir. Madame Claudie GRANOTTIER, conseillère municipale à Sorbiers (7 868 habitants), explique que des canisites ont été installés dans la commune pour permettre aux propriétaires de chien d’amener leur toutou dans ces espaces spécialement conçus pour eux : « Ces sites ne marchent pas vraiment et coûtent chers à installer et entretenir. Nous avons toujours les mêmes problèmes ». Monsieur Sigismond ROZANSKI, adjoint à Grezolles (286 habitants) souligne que la présence d’un éducateur canin parmi les propriétaires de chien peut aider à montrer le bon exemple aux autres. 

Madame Claudie GRANOTTIER
CM à Sorbiers
Monsieur Sigismond ROZANSKI
Adjoint à Grezolles
Monsieur Pierre SIMONE
Maire de St Barthélémy Lestra

Ces enjeux ont déjà été compris par certaines municipalités françaises. En effet, Monsieur Christophe NEUMANN, chef de projet 36 000 pour le tri, présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 35 euros d’amende. Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Monsieur Christophe NEUMANN rebondit également sur les propos de Monsieur Sigismond ROZANSKI : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil ».

Pour permettre aux habitants d’adopter un comportement citoyen sur l’espace public, encore faut-il que ces derniers aient accès aux équipements nécessaires. Monsieur Pierre SIMONE, maire de Saint Barthélémy-Lestra (675 habitants), parle lui de l’importance de la localisation des cendriers mis à la disposition des fumeurs : « Nous avons commencé par sensibiliser directement les propriétaires de bars et de tabacs, quitte à leur fournir des cendriers. Cela a permis d’harmoniser l’environnement de notre centre-ville, contribuant grandement à l’embellissement de notre bourg. Enfin, nous avons également installé des cendriers devant l’école et sur le stade de foot, car les parents venus attendre leurs enfants n’avaient pas jusqu’à présent de dispositif pour se débarrasser de leurs mégots ».

« Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette » poursuit Monsieur Christophe NEUMANN. Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Monsieur Paul TRIOMPHE
Adjoint à Feurs

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. C’est le cas notamment dans la commune de Saint Galmier, qui fait désormais partie du cercle restreint des 100 villes labellisées « les plus beaux détours de France ». C’est d’ailleurs la seule commune 4 fleurs du département de la Loire.

Par ailleurs, Saint Médard-en-Forez organise tous les ans un nettoyage de la commune auquel s’associent les chasseurs, petits et grands. Les déchets récoltés en fin de journée sont ainsi triés et acheminés dans les filières de recyclage correspondantes. Monsieur Paul TRIOMPHE, adjoint à Feurs (7 893 habitants), ajoute que 70 collégiens se réunissent chaque année avec des bénévoles de l’équipe municipale pour nettoyer les 4 coins de la commune : « La population est toujours très surprise de voir tout ce monde ramasser les déchets laissés par terre. Nous finissons cette matinée par un déjeuner tous ensemble, qui se clôture par un débrief où chacun peut s’exprimer. Les collégiens se font ensuite ambassadeurs des bons gestes auprès de leurs camarades et de leurs entourages ».

Monsieur Christophe NEUMANN souligne un aspect important de la valorisation des bénévoles (enfants et adultes) : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investi d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ». Elle insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ».

Monsieur Paul TRIOMPHE intervient sur l’initiative originale déployée dans sa commune : « La ville a été divisée en 7 secteurs. Nous avons nommé un conseiller municipal ou un administré bénévole comme référent propreté de son secteur. Ainsi, nous nous rassemblons toutes les 8 semaines pour faire le point sur l’évolution de la propreté de chaque « parcelle ». A l’instar de nos collégiens, il est important d’avoir des relais de terrain, qui transmettent les bons gestes et comportements à adopter auprès de nos habitants ».

« Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Monsieur Christophe NEUMANN sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Monsieur Christophe NEUMANN présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ». Pour Madame Raymond ALLIROT, conseillère municipale à Saint Etienne (171 483 habitants), l’enjeu réside dans la sensibilisation faite auprès des services d’urbanisme : « Les services d’urbanisme souhaiteraient que l’on cache derrière des palissades les conteneurs électriques, les conteneurs à verre et à emballages,… alors que nous devons justement mettre en valeur ces équipements pour que la population les voit. Il faut les intégrer dans le paysage urbain et j’ajoute d’ailleurs qu’il faudrait les transformer en lieu de rencontre convivial ». Pour Monsieur Eric BERLIVET, maire de Roche-la-Molière (10 242 habitants) et Vice-Président de Saint Etienne Métropole, il est important de s’équiper en nombre suffisant de conteneurs et surtout, il faut continuer sans cesse les actions de proximité avec les habitants : « Nous avons répondu à l’appel à projets lancé par Eco-Emballages et ferons l’acquisition de 70 conteneurs à verre supplémentaires que nous allons installer dans la Métropole. Ce projet sera complété par des actions en porte-à-porte dirigées par des ambassadeurs du tri, qui iront à la rencontre de centaines de milliers de personnes pour expliquer les consignes de tri et répondre à leurs interrogations ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Monsieur Christophe NEUMANN.

Madame Raymonde ALLIROT
CM à St Etienne
Monsieur Eric BERLIVET
VP St Etienne Métropole
Monsieur Clément CHATIN
Technicien à la CC de Loire Forez

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. Monsieur Pierre SIMONE partage avec les élus son action d’ « écoles à énergie positive » : « 3 écoles sont engagées sur notre territoire : le but est de les faire participer à un concours pour moins consommer d’électricité, d’eau, de chauffage et, bien sûr, pour davantage trier les déchets. Les économies ainsi réalisées leur sont reversées afin de financer leurs projets d’école ». Ce même type d’initiative est dupliquée à la Communauté de Communes de Loire Forez : « Nous élargissons cette action au foyer tout entier. En effet, nous faisons partie du programme « territoire 0 déchet 0 gaspillage ». Nous avons sélectionné et accompagné une trentaine de foyers témoins bénévoles. Ainsi, nous avons étudié de près leur comportement pendant 1 mois, puis leur avons demandé de changer quelque peu leurs habitudes : ne pas gaspiller de nourriture, recycler davantage et composter. Les résultats sont très probants : nous avons réussi à baisser de 60% le poids des poubelles d’ordures ménagères » affirme Monsieur Clément CHATIN, technicien à la Communauté de Communes.

En outre, Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Monsieur Christophe NEUMANN conclut cette soirée riche en échanges : « L’intérêt des rencontres 36 000 pour le tri est de vous faire partager les initiatives que vous déployez localement en faveur du développement durable. Il me semble tout à fait essentiel de discuter ensemble de la manière de préserver la beauté et la qualité des paysages de nos départements ».

Pour aller plus loin – les liens utiles

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : http://www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/le-code-de-la-rue-nice-alpes-maritimes.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf