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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Gironde/Aquitaine

Propreté et espace public
06 mai 2015

Monsieur le Sénateur-maire, Président de l’Association des maires de la Gironde, Gérard CÉSAR, a invité le 07 mai dernier au Salon des Elus Locaux d’Aquitaine les maires et élus régionaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Madame Laure PODDEVIN – directrice de la région sud-ouest (Eco-Emballages), Monsieur Christophe NEUMANN - chef de projet 36 000 pour le tri et Monsieur Hervé GUILLAUME, délégué général de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU), étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Gironde/Aquitaine, le 06 mai 2015

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur Maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 49 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales. 

Monsieur Gérard CÉSAR - PAD du 33 et maire de Rauzan
Madame Laure PODDEVIN - Directrice régionale
Monsieur Hervé GUILLAUME - Délégué général à l’AVPU
Monsieur Jean-Jacques EDARD - Maire de Cavignac
Monsieur Frédéric MAZODIER - Conseiller municipal à Billières

 Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette demi-journée, Monsieur Gérard CESAR, sénateur-maire de Rauzan (1 181 habitants) et Président de l’Association des maires de Gironde, souligne l’importance du partenariat entre l’Association et Eco-Emballages dans l’organisation de la rencontre 36 000 pour le tri : « Nous avons tous entrepris une démarche de qualité et de propreté dans nos communes. Les élus sont au premier plan de cette mise en œuvre ».

Avant de laisser la parole aux maires afin qu’ils puissent présenter les actions quotidiennes développées dans leur mairie respective, Madame Laure PODDEVIN, directrice régionale (Eco-Emballages) insiste sur le rôle pionnier qu’a joué Bordeaux en 1994 lors de la mise en place de la collecte sélective en France. Pour autant, les performances de tri peuvent et doivent encore progresser dans le département et la région, en particulier pour le verre : « Il manque environ 1 000 colonnes à verre dans la région. L’apport volontaire est le système le moins coûteux et le plus efficace et pourtant, il doit faire face à des craintes de dépôts sauvages. C’est un vrai sujet de propreté et de valorisation du cadre de vie et du patrimoine bâti, qui intéresse notamment les bailleurs sociaux dans l’habitat collectif ».

Monsieur Hervé GUILLAUME, délégué général à l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3, explique que les problématiques de propreté sont transversales aux petites comme aux grandes communes : « Nous entendons souvent les habitants dirent que leur ville n’est pas propre. Que cela veut-il dire ? Nous avons donc conçu un outil d’évaluation pour comprendre la réalité des choses : grâce à une méthodologie simple de comptage, les communes se comparent aux résultats d’autres villes intégrées dans notre référentiel. Elles peuvent ainsi se situer et évaluer leur niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ».

Monsieur Jean-Jacques EDARD, maire de Cavignac (Gironde, 1 763 habitants), partage avec les élus et experts présents son expérience sur l’affichage sauvage : « Nous avons eu il y a quelques années des problèmes d’affichage sauvage. Depuis, un espace est dédié à l’affichage et nous imposons aux personnes souhaitant communiquer sur un événement de s’enregistrer au préalable et d’enlever leurs affiches à la fin de la manifestation. Un protocole juridique a également été mis en place par le législateur, requérant une amende de 200 euros par affiche et par jour si notre règlement n’est pas suivi. Le but n’est pas de sanctionner, bien entendu, mais d’empêcher l’affichage sauvage ».

Monsieur Frédéric MAZODIER, conseiller municipal à Billière (Pyrénées Atlantiques, 14 000 habitants), propose à ses collègues élus de mettre en place, comme dans sa commune, un guide de bonnes règles de vivre ensemble : « Le guide citoyen-solidarité-respect rappelle certaines règles essentielles et indique ce que cela peut coûter pour les personnes qui ne les respectent pas. Nous n’avons pour l’instant jamais eu à verbaliser. En revanche, nous publions dans notre journal municipal les incivilités enregistrées dans la commune. Le sale appelle le sale, il faut de ce fait être réactif ».

Toutefois, Monsieur Hervé GUILLAUME attire l’attention des élus : « Il est important de rappeler en permanence le « mode d’emploi » du bien-vivre ensemble. Il faut être en revanche prudent au niveau de la réactivité de l’enlèvement des déchets sauvages, pour ne pas tomber dans « l’excès d’efficacité » en enlevant immédiatement, systématiquement, tous les dépôts. Vous devez avant tout en parler avec les voisins, leur faire prendre conscience que ces attitudes ne sont pas normales ».

Il ajoute : « Le Grand Lyon a beaucoup travaillé sur cette problématique. A ce titre, la Métropole organise des « scènes de crime » autour des encombrants : elle les entoure de papier et met en place un médiateur chargé de rappeler les règles aux habitants. Ces derniers doivent constater ce qu’il vient de se passer pour comprendre que cela ne se fait pas ».

Monsieur Christophe NEUMANN, chef de projet 36 000 pour le tri, présente d’autres exemples d’actions de médiation urbaine comme la démarche propreté « le chien en ville » développée par la ville Dax (Landes, 20 364 habitants)4 ou le Code de la Rue édité par Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants)5. D’autres communes se sont emparées à bras le corps des questions de propreté et de maintien du cadre de vie. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Madame Mireille BOSQ - Maire de Saint-Sauveur
Monsieur Didier GATINEL - Maire-adjoint à Lussac
Madame Mathilde FERCHAUD - Assistante juridique à l’AMG

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Madame Mireille BOSQ, maire de Saint-Sauveur (Gironde, 1 307 habitants) présente la démarche pédagogique entreprise auprès des enfants du village, notamment lors du nettoyage de printemps de la commune : « Nous organisons une journée éco citoyenne chaque année où les habitants et les enfants participent au nettoyage des rues de la commune. Cette année encore, nous avons ramassé 3 remorques de déchets. Les enfants sont moteurs de notre démarche. C’est pour cela que nous leur faisons également visiter le centre de tri du Smicotom».

D’autres comme Monsieur Didier GATINEL, maire-adjoint à Lussac (Gironde, 1 368 habitants), se questionnent sur les moyens mis à la disposition des mairies pour lutter contre les dépôts sauvages : « Nous sommes confrontés à plusieurs cas de figure : le premier, lors d’un dépôt sauvage sur un terrain appartenant à la commune. Nous avons trouvé une facture à l’intérieur du sachet et avons déposé plainte. L’habitant est venu s’excuser et a récupéré son sac. Le deuxième, avec des dépôts sauvages sur un terrain privé. Quel recours avons-nous pour les faire enlever ? ». Madame Mathilde FERCHAUD, assistante juridique à l’Association des maires de la Gironde, lui répond : « Un dépôt sauvage présent sur une propriété privée, comme une carcasse de voiture ou des DEEE, se doit d’être enlevé par le propriétaire. C’est une entorse au code de l’environnement. Le maire peut faire usage de ses pouvoirs de police et ainsi faire parvenir au propriétaire une mise en demeure. Si ce dernier ne la respecte pas, le dépôt sauvage peut être enlevé par la mairie, aux frais du propriétaire ».

Elle ajoute que l’équipe juridique de l’Association des maires de Gironde est au service de ses élus et peut notamment mettre à leur disposition des modèles de courrier type. Monsieur Christophe NEUMANN insiste sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages :

« Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune et que vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards de tous ». Ainsi, certaines communes font le choix de replacer leurs points d’apport volontaire au centre du village et même de les embellir pour en faire des lieux de vie.

Monsieur Christophe NEUMANN - Chef de projet 36 000 pour le tri
Monsieur Eric COIGNAT - Maire-adjoint à Andernos-les-Bains

La participation au concours des villes et villages fleuris, un partenariat avec des associations nationales (comme Vacances Propres7) ou l’obtention d’un label (Pavillon Bleu8, Clef Verte9) peuvent également contribuer au maintien de la propreté des rues des communes.

Pour conclure, Monsieur Eric COIGNAT, maire-adjoint à Andernos-les-Bains (Gironde, 11 376 habitants), parle quant à lui des problématiques liées aux propriétaires de chien : « Nous avions installé des distributeurs de canisacs à certains endroits de notre forêt. Les propriétaires de chiens ramassaient, certes, mais laissaient les sacs par terre. Nous avons donc dû retirer nos équipements ».

Monsieur Gérard PINSTON - Maire-adjoint à Carbon Blanc

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Monsieur Hervé GUILLAUME souligne l’importance de la prévention dans la démarche qualité/propreté des communes : « Nous devons en priorité prévenir la souillure. Nous avons assisté ces dernières années à une mécanisation de la propreté urbaine. Ainsi, les communes nettoient toujours plus leurs rues en utilisant de l’eau, de l’électricité… Il faut avant tout travailler en amont sur les leviers de sensibilisation afin de responsabiliser les usagers ».

Monsieur Gérard PINSTON, maire-adjoint à la mairie de Carbon Blanc (Gironde, 7 147 habitants) confirme l’efficacité d’une telle démarche de responsabilisation : « Nous avons dans notre commune une « Maison pour tous » destinée principalement aux jeunes. Le bâtiment extérieur était régulièrement dégradé. Nous avons donc décidé d’entreprendre un projet de graffiti avec des graffeurs professionnels et les jeunes du quartier. Ce projet n’est pas encore terminé mais je peux cependant confirmer que depuis qu’il est en marche, le bâtiment est resté propre ».

Monsieur Christophe NEUMANN rebondit sur les propos de Monsieur Gérard PINSTON et lui suggère, lors de la finalisation du projet, de prendre une photo des jeunes devant leur œuvre afin de les convertir en ambassadeurs auprès de la population. Cette photographie peut être publiée dans le bulletin municipal et dans la presse locale.

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais auprès de leur entourage des gestes éco-responsables à adopter, en particulier celui du tri des déchets. C’est pour cela qu’Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

Pour conclure cette rencontre d’échanges, Madame Laure PODDEVIN tient à féliciter l’initiative de l’Association des maires de Gironde qui organise ce Salon des Elus Locaux d’Aquitaine, permettant ainsi aux élus d’échanger leurs outils et actions déployés quotidiennement dans leurs communes. Elle félicite également la naissance de la Fédération régionale d’associations de maires d’Aquitaine, preuve de la volonté de ces dernières de mobiliser encore davantage leurs élus autour de problématiques communes, telles que celle du développement durable.

Pour aller plus loin – les liens utiles :

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013
2 Enquête Viavoice, mars 2014
3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr 
4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete 
5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/3-questions-a-monsieur-pierre-paul-leonelli-maire-adjoint-de-la-ville-de-nice-vice-president-de.html
6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf 
7 Site de l’Association : www.vacancespropres.com
8 Site de l’Association : www.pavillonbleu.org
9 Site de l’Association : www.clefverte.org 

Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique propreté et espace public.

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