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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Ain

Propreté et espace public
28 avril 2016

Bellegarde-sur-Valserine - Ain, le 28 avril 2016

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Etienne BLANC, Maire, Président de l’Association des maires de l’Ain, a invité le  28 avril dernier au CIEL du SIDEFAGE les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs témoignages et initiatives locales en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « Propreté et Espace Public ».

Serge BRANCHY – Président d’Organom, François PYTHON – Président du SIDEFAGE, Johann LECONTE - directeur des relations élus locaux et associations (Eco-Emballages) et Richard QUEMIN – directeur région centre-est (Eco-Emballages) étaient également présents. Monsieur Patrice DREVET animait la rencontre et veillait à son bon déroulement, en donnant la parole aux élus présents.

Le cadre de vie, et en particulier le tri sélectif, représente la plus forte attente des habitants vis-à-vis de leur maire1. En effet, 67% des habitants placent l’amélioration du cadre de vie en première compétence des élus2. Le maire est donc le premier référent des habitants et le prescripteur légitime du geste de tri.

Aussi, pour répondre aux attentes des citoyens sur ces sujets, Eco-Emballages et l’AMF ont décidé de lancer le programme de rencontres thématiques 36 000 pour le tri : depuis 2012, 81 rencontres ont été organisées dans toute la France afin de partager expériences et initiatives locales entre les maires de chacune des 36 000 communes de France sur les thématiques relevant de leurs responsabilités et touchant aux questions environnementales.

Comment assurer durablement la propreté de l’espace public ?

Pour introduire cette soirée d’échanges, Régis PETIT, maire de Bellegarde-sur-Valserine (11 644 habitants), accueille les participants au CIEL du SIDEFAGE. François PYTHON, Président du SIDEFAGE, remercie la forte mobilisation des élus : « J’espère que la visite du CIEL qui a précédé cette réunion a été instructive ». Etienne BLANC, Président de l’Association des maires de l’Ain et maire de Divonne-les-Bains (8 762 habitants), souligne l’importance du sujet du jour : « Nous apportons une attention particulière à la qualité de vie, l’environnement, la propreté. Peut-être est-ce dû à notre proximité géographique avec la Suisse. Je salue ce type de rencontres car elles permettent de mettre en avant le foisonnement d’initiatives très diverses mises en œuvre par les élus locaux ; certaines avec des investissements lourds, d’autres avec un développement beaucoup plus simple ». Il poursuit : « Ces initiatives se basent sur l’engagement personnel des habitants et celui de vos associations, votre Conseil Municipal des Jeunes,… ».

Richard QUEMIN, directeur de la région Centre-Est (Eco-Emballages), présente les chiffres clés du recyclage du département et de la région : « Vos performances sont quelque peu en deçà de la moyenne de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec 54.66kg d’emballages triés par habitant et par an, contre 57.4 kg au niveau régional. Vous avez encore des marges de progrès ». Il précise : « Les tonnes triées par vos habitants sont recyclées en France et en région. Le geste de tri crée de l’emploi local et favorise l’économie circulaire. 53% des Français trieraient davantage s’ils étaient sûrs que les emballages triés le sont bien en France. Appuyez-vous sur ce levier dans votre communication auprès de vos habitants ».

Régis PETIT, Maire de Bellegarde-sur-Valserine
François PYTHON, Président du SIDEFAGE
Etienne BLANC, Président de l’AMF 01

Richard QUEMIN présente également les missions de l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine (AVPU)3 et notamment de la grille d’évaluation de la propreté conçue avec les villes adhérentes : « Un outil de mesure de la non-propreté d’une ville a été réalisé. Grâce à une méthodologie simple de comptage des déchets au sol, une commune peut comparer ses résultats par rapport à ceux d’autres villes intégrées dans le référentiel. Elle peut ainsi se situer et évaluer son niveau de saleté et les sources de salissures par rapport à une moyenne ». En outre, l’Association travaille sur des solutions afin d’optimiser la propreté urbaine. « L’objectif est de réduire le nettoiement, en responsabilisant l’ensemble des usagers. Il faut travailler sur la propreté durable, en faisant évoluer les comportements des usagers en premier lieu » souligne Johann LECONTE, directeur des relations élus locaux et associations.

Richard QUEMIN, Directeur région centre-est
Johann LECONTE, Directeur relations élus et associations
Patrice DREVET, Animateur

Lors du tour de table présidé par Patrice DREVET, animateur des rencontres 36 000 pour le tri, la majorité des élus s’accorde sur les problèmes de dépôts sauvages que chacun rencontre dans sa commune. Myriam BOUVET MULTON, conseillère départementale à Bellegarde, parle d’une réflexion amorcée par les patrouilleurs des sentiers : « Ces derniers réfléchissent à une manière d’informer et de sanctionner, au besoin, les individus « indélicats ». Il me semble que cette réflexion doit être menée conjointement avec les maires des communes ». Dans la commune de Charix (284 habitants), Michel TARAVEL, adjoint, explique qu’un nettoyage de printemps est effectué chaque année par des habitants bénévoles de la commune.

Pour Etienne BLANC, la problématique des dépôts sauvages, en particulier ceux laissés sur les bords de route, doit être pensée en partenariat avec les constructeurs automobiles : « Nous devrions tous avoir une poubelle dans notre voiture. La pédagogie vient de la répétition. Aussi, le volant de chaque voiture devrait faire figurer, bien au milieu « ne jetez rien par la fenêtre »

Myriam BOUVET MULTON, Conseillère départementale à Bellegarde
Michel TARAVEL, Adjoint à Charix
Michel CHANEL, Vice-Président (SIDEFAGE)

Les enjeux de déjections canines sont bien compris par certaines municipalités françaises. En effet, Richard QUEMIN présente des exemples d’actions de médiation urbaine comme à Dax4 (Landes, 20 364 habitants) où des propriétaires de chien vont directement à la rencontre d’autres propriétaires pour les sensibiliser et les informer que le non ramassage de déjections canines peut leur coûter jusqu’à 68 euros d’amende. Pour Etienne BLANC, « la sanction pénale est possible mais la pédagogie est essentielle ». Michel CHANEL, Vice-Président du SIDEFAGE, renchérit : « Il ne peut pas y avoir de bâton sans la carotte ».

Un Code de la Rue5 a été mis en place à Nice (Alpes-Maritimes, 344 870 habitants), qui explique en 10 gestes simples comment se comporter en éco-citoyen en ville. Une brigade de Lutte contre les Atteintes au Cadre de Vie (LAC) fait respecter ce code et face au succès de ce document, une version junior est désormais proposée. Richard QUEMIN complète : « Appuyez-vous sur vos relais naturels : les enfants pour communiquer les bons gestes aux parents, les vétérinaires et les clubs canins pour sensibiliser les propriétaires de chien,… ». Il ajoute enfin : « Pensez au rôle de médiateur, à l’importance du dialogue. Une personne prise en flagrant délit d’un dépôt sauvage par exemple va être très agressive, sur la défensive. Il faut la mettre en situation d’accueil. J’ai travaillé avec une commune dans le but de former ses jardiniers à souhaiter la bienvenue aux habitants entrant dans le parc communal avec leur chien ».

Johann LECONTE poursuit : « Il existe encore deux déchets pour lesquels les citoyens n’ont pas de gêne à les jeter par terre : les chewings-gums et les mégots de cigarette ». Aussi, des communes se sont emparées à bras le corps de ces sujets. C’est le cas de Besançon (Doubs, 115 879 habitants) qui a lancé sa campagne Met la gum sur la propreté6 et a installé des panneaux à chewings-gums originaux aux abords des établissements scolaires notamment.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de garantir la propreté ?

Pour certaines communes, la participation au concours national de villes et villages fleuris ou l’organisation d’un concours communal de fleurissement peut jouer un grand rôle dans l’embellissement des communes et contribue au sentiment de fierté des habitants de la propreté de leur commune. C’est le cas notamment dans la commune de Saint Vulbas (971 habitants) ou encore dans la commune du Président Etienne BLANC, Divonne-les-Bains.

Jean-Luc EMIN, maire de Druillat (1 151 habitants),  raconte la démarche de sa commune qui a fait le choix d’adopter une redevance incitative : « Nous n’avons pas noté de dégradation particulière au niveau du tri. En revanche, nous avons enregistré une diminution significative des ordures ménagères, de l’ordre de 90 kg par an et par habitant ».

Jean-Luc EMIN, Maire de Druillat
Serge BRANCHY, Président d’Organom

Serge BRANCHY, Président d’Organom, parle lui du levier utilisé par les communes du syndicat pour inciter les habitants à trier davantage : « Nous avons construit une usine à compost. Afin de garantir une qualité optimale de ce dernier, nous avons mis en œuvre un Plan Verre avec le soutien d’Eco-Emballages. Des caractérisations ont ainsi été réalisées, notamment à la sortie des camions récoltant les ordures ménagères. Résultat : il restait encore beaucoup de verre non-trié et non-recyclé. Après avoir analysé les colonnes à verre, leur positionnement, leur propreté, nous avons décidé de mettre en œuvre une démarche efficace : nous avons repositionné certaines colonnes, nous les avons renommé « points de propreté » et avons fait en sorte de les mettre en avant pour ne pas les cacher derrière des palissades ». Il conclut : « 17 intercommunalités ont ainsi sensibilisé leurs habitants à des degrés divers. Nous récoltons aujourd’hui davantage de verre et les employés communaux ont également été sensibilisés à cette démarche ».

Richard QUEMIN souligne un aspect important de la valorisation des bénévoles (enfants et adultes) : « En prenant les volontaires en photo à la fin du nettoyage et en la publiant dans le bulletin municipal ou la presse locale, vous les transformez en relais. Ils se sentiront investi d’une mission et seront reconnus comme référent de la propreté par leur entourage ». Elle insiste également sur l’impact du contrôle social dans les actes de dépôts sauvages : « Le comportement d’un individu est conditionné par la perception des autres. Si vous installez vos points d’apport volontaire à l’extérieur de la commune ou si vous les entourez de palissades, l’individu pourra venir déposer ce qu’il veut à l’abri des regards ».

 « Il n’existe pas de solutions miracles contre les déchets sauvages » conclut Johann LECONTE sur le sujet. « Cependant, il est nécessaire de communiquer sur les règles afin que ces dernières soient claires, comprises par tous. La communication qui marche est celle qui se répète ». Il ajoute : « Les futurs métiers de la propreté urbaine seront autour de la médiation urbaine. Nous devons communiquer auprès du voisin, celui qui est témoin d’un dépôt sauvage. On doit lui expliquer que ce qui vient de se faire n’est pas la norme. Le Grand Lyon l’a bien compris et organise des « scènes de crime » autour de dépôts sauvages survenus dans la rue ».

Comment faciliter les comportements éco-responsables des citoyens ?

Le respect et le maintien de la propreté d’une commune peut passer par l’implication directe des habitants dans la valorisation de l’espace public. Aussi, Richard QUEMIN présente la démarche originale que la commune de Verrières-le-Buisson (Essonne, 15 612 habitants) a mis en œuvre afin de lutter contre les tags : « 2 graffs sont réalisés chaque année en faisant participer les jeunes des écoles ou des quartiers concernés avec des artistes. Un partenariat avec ERDF a également vu le jour dans le but d’embellir les conteneurs électriques. Ce programme est entrepris depuis une dizaine d’années. Ces graffs sont beaux, faciles d’entretien et respectés par la population, qui les a totalement intégrés dans leur cadre de vie ».

A Dardilly (Rhône, 8 519 habitants), la commune responsabilise pour sa part ses associations et apporte un bonus lors de l’attribution de ses subventions pour celles engagées dans une démarche de développement durable (investissements dans de la vaisselle réutilisable, communication responsable,…). « Certaines communes décident également de mettre en place une caution incitative lors de la location de leur salle des fêtes communale : si le tri est bien fait, les organisateurs récupèrent leur caution » précise Richard QUEMIN.

La sensibilisation des habitants peut également se faire par l’interpellation, de façon humoristique. Johann LECONTE commente la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin, 28 communes, 473 375 habitants) sur les déjections canines7 : « Arrêtons de montrer du doigt les propriétaires de chien qui ne ramassent pas. Utilisons une communication plus positive, en félicitant ceux qui ramassent. Car ce sont eux, la majorité et la norme ».

Les jeunes, et plus particulièrement les enfants, sont de formidables relais des gestes éco-responsables à adopter auprès de leur entourage, en particulier celui du tri des déchets. C’est pour cela qu’Eco-Emballages met gratuitement à la disposition des mairies le kit pédagogique clef-en-main Tri-Master. L’inscription se fait en ligne par les mairies sur le site www.trimaster.fr.

 

Pour plus d’informations sur la rencontre et le programme de rencontres 36 000 pour le tri, rendez-vous sur www.36000pourletri.fr

Pour aller plus loin – les liens utiles :

1 Les mots du maire, AMF, novembre 2013

2 Enquête Viavoice, mars 2014

3 Site Internet de l’Association : www.avpu.fr

4 Pour en savoir plus sur la démarche propreté de la ville de Dax : www.dax.fr/demarche-proprete

5 Pour en savoir plus sur le Code de la Rue : www.36000pourletri.fr/les-initiatives-locales/detail-initiative/article/3-questions-a-monsieur-pierre-paul-leonelli-maire-adjoint-de-la-ville-de-nice-vice-president-de.html

6 Pour en savoir plus sur la campagne Met la gum sur la propreté de Besançon : www.eisenia.coop/assets/Uploads/Documents/besanongum2010.pdf

7 Pour en savoir plus sur la campagne de l’Eurométropole de Strasbourg :  http://www.strasbourg.eu/environnement-qualite-de-vie/tous-pour-une-ville-propre

Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique propreté et espace public.

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