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Les rencontres
36000 pour le tri

Rencontre Agen

Propreté et espace public
16 juillet 2013

Le président de l’Association des maires du Lot et Garonne, Monsieur Jean Dionis du Séjour, avait invité, le 16 juillet dernier, les maires et élus locaux à se réunir pour partager leurs bonnes pratiques en matière d’environnement et de développement durable, sur la thématique « propreté et espace public ». Monsieur François Chalmel, maire de Colayrac Saint Cirq, et vice-président de la Communauté d’Agglomération d’Agen, a présidé les échanges. Etaient aussi présents, Monsieur Christophe Neumann, chef de projet « 36 000 pour le tri », Laure Poddevin, directrice régionale et Odile Cassède, responsable de la communication chez Eco Emballages, ainsi que Pascal Moliner, professeur en psychologie sociale à l’université de Montpellier. Michel Rouquette, maire de Lacalm, animait la rencontre, et veillait au tempo de la réunion en donnant la parole aux élus qui souhaitaient intervenir.

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  • Anne Brisseau
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  • Christophe Neumann
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  • Eric Bacqua Maire de Laplume « Il est très intéressant d’impliquer les gens via des manifestations, cela permet de les sensibiliser aux gestes de tri, qu’ils reproduiront dans leur quotidien, à la maison. »
  • Etienne Gauteron Maire de Lavardac « J’ai fait déplacer certains conteneurs de 500 mètres. Ceux qui sont maintenant installés dans des voies sans issue ne présentent plus de problème de dépôt sauvage ».
  • Rencontre Agen Maire de Colayrac Saint Cyrq, vice-président de la Communauté d’Agglomération d’Agen « Chacun commence à comprendre l’intérêt qu’il y a à trier, il faut l’accompagner d’un volontarisme affiché de notre part, à nous élus ».
  • Rencontre Agen
  • Guy Depasse Maire de Clermont Soubiran « Nous sommes collectés une fois par semaine pour les ordures ménagères, et tous les 15 jours pour le recyclable. Ce choix a été fait pour maîtriser les coûts. Certains habitants étaient un peu réticents au début, mais maintenant ils trouvent que c’est un avantage. »
  • Rencontre Agen
  • Jacques Dumais Conseiller municipal à Port Sainte Marie: « Nous récupérons des camions entiers de déchets, amassés au pied des conteneurs par incivilité. Nous avons mis en place un important dispositif de communication, et nous multiplions les informations et les conseils, pour essayer de sensibiliser les habitants ».
  • Jean-Michel Moynié Maire de Saint Pierre de Clairac « Nous avons mis en place des points d’apport volontaire uniquement pour les matières recyclables. Ces points rencontrent un grand succès, et ne subissent pas de dépôt sauvage. »
  • Jean-Paul PRADINES
  • Laure BRISSET
  • Louis CARLI
  • Mr GALLY Mr GAUTERON
  • Martine BENSACQ Adjointe à Sauveterre Saint-Denis « Non seulement, en déplaçant les conteneurs, nous avons réduit les dépôts sauvages, mais en les embellissant, nous avons remarqué que l’emplacement était plus respecté ».
  • Martine DUBEROS
  • Michel ROUQUETTE
  • Laure PODDEVIN
  • Mr GALLY
  • Odile CASSEDE
  • Pascal MOLINER
  • Photographe
  • Michel Jackowski Conseiller municipal à Brax « Il faut considérer nos administrés comme des clients, et ouvrir les déchetteries au moment où ils sont le plus disponibles pour y apporter leurs déchetrs, en tenant compte notamment des horaires de travail. C’est ainsi que l’on réduira les dépôts sauvages. »
  • Agen, le 16 juillet 2013

    A l’occasion du développement de la collecte sélective des emballages ménagers, le maire est naturellement devenu la figure référente dans le domaine du tri et du développement durable pour ses habitants. 58% des habitants interrogés répondent en effet qu’ils font confiance à leur maire pour les questions de tri et de recyclage, même lorsque le maire a délégué sa compétence à l’intercommunalité. Partager les bonnes pratiques, échanger, débattre entre maires sur les enjeux du développement durable, du tri et du recyclage, tels sont les objectifs des rencontres organisées par l'AMF (Association des maires de France), les 101 associations départementales de maires, Mairie 2000 et Eco-Emballages. Ce programme, 36 000 pour le tri, c'est donc un « tour de France », avec des rencontres organisées dans chaque département, ce sont 36 000 maires qui pourront s'exprimer avec leurs pairs et insuffler une dynamique citoyenne autour de six thématiques environnementales : urbanisme et logement, vie locale et tourisme, sport et culture, nouveaux arrivants, école et famille, propreté et espace public.

     

    Impliquer les habitants pour changer les comportements durablement

    S’il y a un problème récurrent lié à la thématique de la propreté et de l’espace public, c’est bien celui de l’incivisme. Beaucoup d’élus constatent des comportements à la limite du vandalisme, près des points recyclage en apport volontaire (PAV) notamment. On y observe souvent le phénomène de « dépôt sauvage », qui oblige les maires à mobiliser des équipes de nettoyage, en plus des opérations de collecte classiques, ce qui renchérit le coût du service. Martine Duberos, maire-adjointe à Laplume, explique que sa commune doit faire nettoyer les abords des conteneurs une fois par semaine. « Nous récupérons des camions entiers de déchets, amassés au pied des conteneurs par incivilité, renchérit Jacques Dumais, 1ier adjoint au maire de Port Sainte Marie. Nous avons mis en place un important dispositif de communication, et nous multiplions les informations et les conseils, pour essayer de sensibiliser les habitants ».

     « On a tendance à penser que la communication est la solution qui peut faire changer les comportements : rien n’est moins sûr ! précise Pascal Moliner : il faut impliquer les habitants. Plus les individus ont le sentiment d’appropriation de l’espace public, plus on peut espérer  l’apparition de comportements respectueux de l’environnement ».

    En effet, le rapport des habitants à leur environnement ne procède pas forcément de façon rationnelle. L’espace public peut avoir des significations différentes en fonction de la relation qu’il y a à ces espaces. Encourager les comportements de tri via des opérations collectives de nettoyage peut donc s’avérer être une bonne solution. Car un habitant engagé se sentira plus concerné par les incivilités, et cherchera à sensibiliser son entourage à ces problématiques.

     

    Le point de vue d’un professeur en psychologie sociale

    Pascal Moliner, professeur en psychologie sociale, Université de Montpellier

    « Cela fait environ quarante années qu’il existe un courant de recherches sur la problématique du rapport des individus à l’environnement. A la suite de ces études, un certain nombre de choses a pu être mis en évidence. De façon générale, il faut bien comprendre que le rapport à l’espace n’est pas nécessairement rationnel. Il procède d’une rationalité subjective ou psychologique. Cela veut dire que les gens ne font pas ce qu’il faut, souvent pour des motifs très opaques. Autre point important, on a tendance à penser que pour les individus, l’espace public n’a pas nécessairement la même signification. Des significations différentes de cet espace vont donc donner des comportements différents dans ces espaces publics.

    Dernier point : plus on tient à la propreté d’un lieu, plus il reste propre. En fait la question est de connaître la signification d’un lieu pour un individu. Cette signification détermine la normalité ou la légitimité d’un comportement. Par exemple, il est normal d’être en maillot de bain sur une plage, allongé sur une serviette alors que ce même comportement serait anormal et illégitime dans un hall de gare ! Qu’est-ce qui détermine la légitimité de ce comportement ? C’est la signification que l’on a accordée à cet espace. Pour revenir aux espaces publics, un espace qui est sali est donc un espace dans lequel on considère que la dégradation est légitime. Un espace qui reste propre est un espace qui rend le comportement de dégradation illégitime et anormal.

    Il y a trois pôles de définition de l’espace : l’espace partagé et collectif, l’espace contrôlé par les autres et les espaces vides (comme le no man’s land). Ces trois groupes déterminent un type de population différente et des comportements différents ».

     

    Aménager et embellir pour favoriser le tri et réduire les incivilités

    Face à ces multiples problèmes d’incivisme, nombreux sont les élus qui cherchent des solutions, et proposent d’adapter les stratégies liées aux points de collecte. « Face à la fréquence des dépôts sauvages, nous avons décidé de déplacer les points de recyclage en apport volontaire hors des grands axes, de façon à ce qu’ils ne soient destinés qu’aux habitants des quartiers concernés », indique François Chalmel, ancien maire de Colayrac Saint Cirq.
    En effet, les dépôts sauvages proviennent en majorité de personnes qui ne sont pas des habitants de la commune. « J’ai fait déplacer certains conteneurs de 500 mètres, témoigne Etienne Gauteron, ancien maire de Lavardac. Ceux qui sont maintenant installés dans des voies sans issue ne présentent plus de problème de dépôt sauvage ».

    Autre solution trouvée pour remédier à ce problème : embellir les points de collecte. « Plus le point d’apport sera beau, moins les gens auront envie de le dégrader » explique Pascal Moliner. Il existe d’ailleurs de nombreuses façons de rendre ces points d’apport plus agréables, grâce à des parements végétaux par exemple.  « Il faut paysager les points d’apport, cela incite à plus respecter ces lieux » assure François Chalmel. Martine Bensacq, ancienne adjointe de Sauveterre Saint-Denis, appuie sur cet argument : «Non seulement, en déplaçant les conteneurs, nous avons réduit les dépôts sauvages, mais en les embellissant, nous avons remarqué que le lieu était plus respecté ».

     

    Les maires vecteurs des bonnes pratiques

    Avec la prise de conscience générale des problématiques liées au recyclage, il a fallu convaincre les élus de moderniser leurs dispositifs de collecte, tout en les installant dans des considérations environnementales. « Le tri a vraiment démarré grâce aux maires, souligne Christophe Neumann. Ils ont très rapidement embrassé le développement durable, et portent ce projet auprès de leurs administrés ».

    La mobilisation des élus est donc un des facteurs principaux du changement de comportement des habitants, et de l’apparition de réflexes plus écologiques. « Chacun commence à comprendre l’intérêt général qu’il y a à trier, souligne François Chalmel, il faut l’accompagner d’un volontarisme affiché de notre part, à nous élus ».

    Pour retrouver l’intégralité des bonnes pratiques évoquées lors des rencontres, vous pouvez télécharger la fiche pratique de la thématique propreté et espace public.

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