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Ecole et famille - Le compostage alimentaire dans les cantines pour sensibiliser les plus jeunes

« L’installation d’un site de compostage demande des moyens humains, matériels et de communication. Pour parler très concrètement, un unique site demande un investissement de 2 557 euros »

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ECOLO’TRI (Colmar, Haut-Rhin)
des actions éducatives pour réduire les déchets… mais pas que !

3 questions à Monsieur Daniel CHETTA, maire de Longeault, Président du SMICTOM

Le Syndicat MIxte de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères (SMICTOM) de la Plaine Dijonnaise (Côte d’or, 29 communes, 29 189 habitants) réalise pour le compte de ses adhérents la collecte et le traitement des ordures ménagères et déchets assimilés.

Pour Monsieur Daniel CHETTA, maire de Longeault (573 habitants), Président du SMICTOM, la mise en place d’actions de prévention en matière de gestion des déchets est un enjeu essentiel. Aussi, le développement du compostage des déchets alimentaires a débuté il y a un an dans cinq restaurants scolaires du territoire. L’heure est au bilan…

 

 

Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont poussé à entamer cette démarche de compostage alimentaire dans des restaurants scolaires ?

La genèse de ce projet ne date pas d’hier. En effet, une technicienne du SMICTOM intervient dans les écoles maternelles et primaires depuis 1997. Aussi, elle sensibilise les plus jeunes sur la gestion des déchets, les moyens de traitement utilisés (enfouissement, incinération avec récupération d’énergie, recyclage des emballages, compostage). De plus, des visites de centre de tri et de déchèterie sont régulièrement organisées tout au long de l’année scolaire.

Cependant, nous souhaitions aller encore plus loin dans notre démarche de prévention et de sensibilisation des plus jeunes. Nous collaborons avec le Conseil Général de Côte-d’Or et l’ADEME dans un Programme Local de Prévention des déchets dans le but de réduire de 7% les tonnages d’ordures ménagères collectées d’ici à cinq ans. C’est pourquoi, nous avons installé des sites de compostage alimentaire aux établissements scolaires et dans certains restaurants périscolaires au printemps 2014 : désormais, les enfants trient les restes de leur repas afin de les transformer en compost. Celui-ci est utilisé pour l’entretien des espaces verts et autres potagers pédagogiques.

Ce merveilleux projet est rendu possible grâce à l’implication de l’ensemble des parties prenantes, en particulier les agents du service intercommuncal enfance jeunesse.

 

 

Quelles sont les difficultés, les contraintes que vous avez pu rencontrer en montant ce projet ?

L’installation d’un site de compostage demande des moyens humains, matériels et de communication. Pour parler très concrètement, un unique site demande un investissement de 2 557 euros.

Les contraintes sont bien réelles d’un point de vue matériel et logistique : d’une part, chacun des cinq sites est équipé de trois composteurs : un pour le compostage à proprement parlé, un pour le stockage de la matière structurante de bois broyé permettant l’aération du compost, et un pour le compost en phase de maturation. Il faut donc de la place !

D’autre part, il faut trouver un(e) référent(e), motivé(e), sur chaque site pour s’assurer du bon déroulement du projet. Malgré l’implication du chargé de mission du SMICTOM, il n’en demeure pas moins qu’il est nécessaire d’avoir une personne formée sur site qui assure un suivi quotidien.

De manière générale, il est important de veiller à ce que l’équipement mis en place soit accessible, visible et que les consignes de tri soient claires afin d’être respectées. Deux visites de contrôle sont effectuées chaque année dans le but de faire le point et de remotiver les équipes car ce projet demande l’investissement personnel des référents.

 

 

Vous avez entamé votre deuxième année. Quelles leçons avez-vous tirées de cette première année ?

Notre ambition est de sensibiliser dès le plus jeune âge les enfants au tri et à la réduction des déchets. C’est en commençant tôt que ces jeunes adopteront un comportement plus respectueux des autres et du monde qui les entoure. Le but est de prolonger leur geste de tri, au-delà des emballages et du papier. Cinq de nos douze centres périscolaires sont désormais équipés de cette structure de compostage alimentaire. Les enfants sont certes sensibilisés au compostage alimentaire mais également au gaspillage alimentaire de manière plus générale. Ainsi, ce sont près de 500 enfants qui réalisent le geste de tri à la cantine. Nous leur confions indirectement une mission « d’ambassadeurs » des gestes éco-citoyens qu’ils transmettront à leurs parents et à leur entourage.

Nous constatons aujourd’hui une réelle baisse de la quantité d’ordures ménagères collectées : l’installation des quatre sites de compostage autonome aux établissements scolaires et les six sites installés en restaurants périscolaires ont permis de détourner 700 kg de déchets et en ont valorisés 3.5 tonnes. Ce ne sont pas des quantités négligeables.

Mon objectif est d’équiper l’ensemble de nos douze cantines scolaires d’ici la fin de mon mandat ! Voire même plus : je souhaite étendre cette démarche dans le collège situé dans le périmètre du SMICTOM. De nouveaux challenges se présenteront à nous dans ce cas précis : la cantine du collège manque de la place nécessaire pour accueillir les équipements dont nous avons besoin. De plus, nous devrons identifier les personnes référentes du projet, qui se verront affecter une charge de travail supplémentaire. Nous restons cependant motivés et convaincus de la réussite de nos ambitions dans un court et moyen terme !